VERS
POUR UNE PETITE CHEVRE QUE J’AI EUE
Cette petite chèvre cueille
Chaque signe de la nuit
Dont l’herbe se mouille.
Dans cette fleur penchée
Vers où son pas se dirige,
Les graines ressemblent
Au battant de sa clochette.
(…)
Elle compose dans ses mamelles pleines
Toute la raison de son nom
Et le fruit de ses promenades.
Comme les navires qui arrivent
Alourdie par les pensées
De sa vie suave.
De son crâne un peu fêlé,
Elle est comme l’œuf et l’oiseau :
Un grande secret
Équilibré.
Vitorino Nemésio, L’animal harmonieux et autres poèmes,
traduction de Violante Picon, Orphée La Différence 1994, p. 61.
Romancier, poète, essayiste et critique, Vitorino Nemésio
est né en 1901 dans l’archipel des Açores. En 1921 il devient journaliste, puis
fait des études universitaire à Coimbra où il se spécialise en philologie
romane. En 1934 il est chargé de cœurs de littérature italienne et espagnole à
l’Université de Lisbonne. En 1935 il est pendant un an lecteur de Portugais à
l’université de Montpellier et il rencontre Valéry Larbaud. Il est une des
grandes figures de la vie culturelle à Lisbonne après-guerre ; son œuvre
est dominée par la thématique de l’insularité. Il meurt à Lisbonne en 1978.
Il n’est pratiquement pas traduit en français sauf son grand
roman Gros temps sur l’archipel (La Différence, 1990) et un recueil
anthologique, La
voyelle promise et autres poèmes, l’Escampette, 2000.
« Cette nostalgie est la marée que je suis… »
et pour les lecteurs du portugais, un dossier complet
sur le site de l’Institut Camoës

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