Sur Poezibao, je rends compte d’un très étonnant livre que
vient de publier K Éditions, A/Z de Constantin
Kaïtéris…..
Ici, dans ce Flotoir, un peu plus libre de ton peut-être, laissons flotter notre rêverie.
Parce que ce texte de Kaïtéris, je le vois, je le vois objet d’une performance, je l’entends dit, proféré, mis en scène.
Il y aurait…..
- un rapeur qui n’aurait mangé que des cailloux pendant au moins dix jours pour débiter les ribambelles kaïtérisiennes de mots en A, de mots en B, de mots en C, de mots en K à toute berzingue
- un Alain Rey qui en contrepoint les énoncerait un à un, les tournant en bouche comme un œnologue le fait d’un vin précieux, pour en extraire toutes les notes
- un Giacinto Scelsi (on le ressusciterait brièvement ou on irait l’interroger là où il est peut-être) qui écrirait pour chaque lettre une musique, composée sur une seule note, explorée comme lui savait le faire. Oui, je concède qu’il n’y a pas 26 notes dans la gamme occidentale mais en comptant pour chacune des 7 notes ses trois états, naturel, dièse et bémol et en ajoutant pour faire l’affaire quelques doubles dièses ou doubles bémols on devrait arriver à quelque chose : oui je sais un do dièse et un ré bémol, sur un piano, c’est la même chose, mais ailleurs ? Mais manipulé par un électronicien acousticien informaticien, vous ne croyez pas qu’on pourrait faire des variations qui épouseraient celles de Kaïtéris sur les mots, sur les typos.
- et puis un Godard (je ne suis pas très up to date question cinéma) qui concocterait un salmigondis d’images "échoppe, en écrou et éden, en église" avec "Hölderlin hantant Heidelberg", un "lièvre luxurieux" et un "loir lyrique", etc.
Allez, "fini Florence, fuite fortifiante, Fortissimo !"
©florence trocmé
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