Michel Butor
Passé le grand silence de fin d’été qui a accompagné sa disparition, le 24 Août, voici que sortent ici ou là des livres, des articles. Ainsi de ce très bel article d’Yves Peyré dans la revue En attendant Nadeau, n° 16.
J’y relève notamment :
« Mobile se présente sous la forme heureuse d’un dévoilement du contemporain, poussière de réalité, réseau très dense, écart de la voix qui accepte et refuse l’épars. »
« Butor, dans la pertinence de son désir et la justesse de sa tombée en volumes et plaquettes de tous genres, a reculé les limites du livre et de la littérature. En cela, il a obéi à l’exigence de plasticité propre à la page poétique moderne, il a élargi et assoupli la syntaxe physique du poème, il a aidé le livre à se renouveler et à retrouver en plein élan une assise fondatrice, susceptible de laisser passer un nouveau certes déjà là mais au moins autant à venir. En 2004, sous la forme d’une promenade choisie, le recueil, si justement dénommé Anthologie nomade, donne une idée significative de l’itinéraire de Michel Butor, du multiple de l’apparition qu’il ne cesse de traquer pour le révéler et du jeu avec la page qu’il tente de livre en livre. »
→ Cela fait si longtemps que je pense que Michel Butor est un de nos écrivains essentiels, si peu lu, y compris dans les milieux poétiques, si peu mis en avant, en dépit de son rôle central dans la conception de la poésie.
→ Occasion aussi de dire ici l’importance de la revue En Attendant Nadeau. Elle tient la route malgré la difficulté du projet. Ce dernier numéro comporte comme les précédents une remarquable série d’articles couvrant tout le champ littéraire et au-delà (arts, musique, histoire, sociologie) comme plus personne ne le fait aujourd’hui. (ici les quinze premiers numéros en PDF). La revue est mise à disposition gratuitement.
De la lecture
Ayant préparé et mis en ligne un intéressant entretien donné par Joël Kerouanton sur son entreprise baptisée Le Dico du spectateur m’est venu ce désir, impossible sans doute à mettre en œuvre faute de temps et en raison de l’ampleur du projet, de composer un « dictionnaire du lecteur ». Il est vrai que « les notes sur la création » de Poezibao recensent précisément ces citations, ces remarques, ces notes sur le lecteur, sur la lecture, sur le fait même de lire. Je pourrai par exemple y inclure ces mots, extraits d’un entretien de Marie de Quatrebarbes sur Michel Couturier (voir aussi cette note de lecture d’Anne Malaprade dans Poezibao) : « Michel Couturier recensant dans des boîtes l’ensemble des significations possibles pour chaque mot utilisé dans L’ablatif absolu… La page en apparence très structurée de Couturier agit sur le lecteur comme des sables mouvants. Elle ne cesse de décaler ses registres et il est parfois difficile d’y avancer avec fermeté. » (source)
→ ce que je retiens ici c’est la notion de déstabilisation du lecteur. Cette page qui ressemblerait à des sables mouvants, image très forte pour moi qui ai toujours entendu parler des fameux sables mouvants de la Baie du Mont St Michel où la mer « monte à la vitesse d’un cheval au galop ».
Je retiens aussi ces propos sur les revues : « à mes yeux, les revues désignent moins un format éditorial défini par une périodicité, qu’un goût pour l’expérimentation s’appuyant sur des régularités : amitiés, temporalités partagés, rituels… Régularités qui peuvent volontiers être changeantes et fluides. »
Lectures à la volée
Réussi à faire ce que je voudrais faire plus souvent, m’asseoir une heure ou deux, pour feuilleter les derniers livres reçus et décider en connaissance de cause ce que j’en fais.
Cécile Riou, Chaine et chine : beaucoup aimé ce livre. C.Riou m’écrit un petit mot pour me dire qu’elle est le « lectrice de Proust » rencontrée dans les A supposer de Jacques Jouet et les poèmes qu’elle m’envoie ont fait partie des « Poèmes adressés du jour ». Elle en a rassemblés une séquence dans un très beau livre où elle a cousu des mini carrés de tissus. Petit tirage d’une cinquantaine d’exemplaires seulement, textes de très belle qualité. Elle se dit couturière et poète. Je lui ai demandé de m’envoyer deux des séquences pour l’anthologie permanente de Poezibao.
Dans la revue K.O.S.H.K.O.N.O.N.G, je remarque de beaux textes de Cole Swensen. Depuis un train, des sortes de fondus enchainés ce qui me parait très fort avec des mots !
Jean-Charles Depaule, L'Impossibilité du vide. Un ouvrage très intéressant, sorte d’abécédaire libre sur les notions de ville, d’espace, de plein et de vide. Entièrement fait de citations, superbes citations, l’auteur a une bien belle bibliothèque.
Quand la vérité devient impossible
« Quand dire la vérité devenait impossible – parce qu’on risquait une mort immédiate –, elle devait être déguisée. Dans la musique folklorique juive, la danse est le déguisement du désespoir. Et en l’occurrence le déguisement de la vérité était l’ironie. Parce que l’oreille du despote est rarement assez fine pour l’entendre. » (Julian Barnes, Le Fracas du temps, p. 97)
→ assez fine pour l’entendre. La subtilité de l’ironie, ses jeux avec la vérité, il n’y a sans doute pas que le despote qui n’a pas l’oreille assez fine pour bien l’entendre mais aussi tous ceux, dont je suis, qui se laissent prendre par la doxa, le discours ambiant. Il faut sans doute une oreille particulière et exercée à cela : détecter le subliminal, ce que dit vraiment la musique par-delà ce qu’elle semble dire.
→ le livre de Julian Barnes est une analyse magistrale de l’effet, sur un créateur, de la censure, de la dictature. Quand il y va de sa vie et pire encore de celle de ses proches. Il démonte toutes les bonnes raisons que les bonnes consciences invoquent pour ne pas comprendre tel ou tel comportement, telle ou telle dérobade, tel ou tel reniement (ah Pierre, par trois fois, et nous qui te jetons si facilement la pierre !!!). Il y a des scènes inoubliables dans Le Fracas du Temps, comme cette séance aux États-Unis où Chostakovitch a été dépêché comme représentant de la doxa musicale russe, contre son gré bien sûr, et où il doit lire un interminable discours que bien évidemment il n’a pas écrit. Mais pas lu, non plus ! Et de s’apercevoir que le texte comporte une terrible charge contre Stravinsky qui est un dieu pour lui. Terrifiante humiliation, renforcée par les jeux troubles d’un exilé russe qui voudrait que Chostakovitch tourne le dos au pays (mais aussi à tout ce qui lui est cher chez lui) et devienne un musicien dissident. Tous les rouages sont démontés, avec une mise à plat impitoyable des bonnes raisons de ceux qui vivent confortablement de l’autre côté et avec une analyse très lucide du principal intéressé, qui comprend le double aspect des choses. Il en va de ce livre comme de certaines scènes du film La vie des autres, il donne à comprendre ce que ceux qui étaient de l’autre côté avaient à vivre et à endurer, dans leur esprit, leur chair et aussi leur conscience, ce qui est peut-être le pire.
Shakespeare et Chostakovitch
« Oui, il adorait Shakespeare ; avant la guerre, il avait écrit la musique pour une mise en scène de Hamlet. Qui pouvait douter que Shakespeare eût une profonde compréhension de l’âme et de la condition humaine ? Y aurait-il une plus formidable représentation du fracassement des illusions humaines que Le Roi Lear ? Non, ce n’était pas tout à fait cela : pas un fracassement, parce que cela implique une seule grande crise. Ce qui arrive plutôt aux illusions humaines, c’est qu’elles s’effritent, se flétrissent. (…) les illusions, même mortes, continuent de pourrir et de croupir en nous. Nous ne pouvons échapper à leur goût et à leur odeur. » (100)
Et un peu plus loin, parlant de l’un des sbires du pouvoir, cette remarque assassine : « L’homme avait une oreille très moyenne pour la musique, mais excellente dès qu’il s’agissait du pouvoir. » (103)
Oreille pour l’ironie, oreille pour le pouvoir.
L’oreille pour
Or je viens d’écouter une conférence TED donnée par une percussionniste célèbre et…sourde, Evelyn Glennie, une conférence dont le thème est l’écoute. Listen, listen, listen, dit-elle. Mais comment écouter ? Pas seulement avec les oreilles, dit-elle mais avec tout le corps. Travailler la musique non dans les manuels mais par l’expérience. Expérimenter le son. Et elle en donne de multiples exemples très frappants.
→ ce que nous fait le son, dans tout le corps, ses résonnances. Ce que nous fait la lecture. Quel effet physique, matériel des voix sur nous, voix parlées, voix chantées ? Sortir de la limite du canal unique à chaque fonction attribué. Écouter ce n’est pas qu’une affaire d’oreille, voir ce n’est pas qu’une affaire d’yeux, lire ce n’est pas qu’une affaire d’esprit. On découvre au demeurant comme est complexe le trajet des perceptions dans le cerveau et surtout comme chaque perception, loin de mettre en jeu une seule zone, un seul canal, focalise de très nombreux pôles, « allume » de nombreuses régions du cerveau, qu’elle pousse à se relier.
→ J’écris ces mots écoutant un disque étonnant, signalé par ResMusica, des œuvres pour violon et piano de Stravinsky et Desyatnikov remarquablement jouées par le pianiste Lucas Geniušas et le violoniste Aylen Pritchin. Où je retrouve la très belle faculté de Geniušas de dire la musique, de tenir l’auditeur en haleine par son phrasé, par la construction des pièces… Le disque comprend notamment la pièce de Desyatnikov, Wie Der Alte Leiermann… fruit de la collaboration, depuis 1996, du compositeur avec le violoniste Gidon Kremer, sur lequel j’ai écrit hier une courte note car il vient de recevoir un prix japonais prestigieux, parfois considéré comme une sorte de Nobel de la musique, le Praemium Imperiale.
Ce dictionnaire du lecteur
Une idée récurrente que ce dictionnaire du lecteur. Ce ne serait pas bien évidemment un recueil des relevés de lecture d’une personne, mais une compilation, une immense compilation, de toutes sortes de données et citations sur la lecture et le lecteur.
Et bien sûr j’imaginerais volontiers un dictionnaire de l’écoutant (je choisis ce mot plutôt que celui d’auditeur, qui me semble trop restrictif et rabattre sur le champ de la radio, de l’enregistrement, etc.).
L’art est à tout le monde
Toujours dans Le Fracas du temps, ces remarques que se fait Dmitri Chostakovitch mais qui sonnent un peu comme un manifeste de Julian Barnes : « L’art est à tout le monde et n’est à personne. L’art appartient à toutes les époques, non à une époque. L’art appartient à ceux qui le créent et à ceux qui l’aiment. L’art n’appartient pas plus au Peuple et au Parti qu’il n’appartenait jadis à l’aristocratie et au mécène. L’art est le murmure de l’Histoire, perçu par-dessus le fracas du temps. »
Magnifique formule : L’art est le murmure de l’Histoire, perçu par-dessus le fracas du temps, qui explique le titre de ce livre. Qui n’est en rien une variation égotiste et virtuose sur le cas Chostakovitch mais une véritable méditation sur la création et sur les conditions politiques et sociales de la création.
Et un peu plus loin : « Il écrivait de la musique pour qui voulait l’écouter (…) il écrivait de la musique pour les oreilles qui pouvaient entendre. Et il savait par conséquent, que toutes les vraies définitions de l’art sont globales, et que toutes les fausses définitions de l’art lui attribuent une fonction spécifique. »
→ et j’en profite pour saluer la très belle traduction de Jean-Pierre Aoustin (je n’ai pas l’original en main et ne puis en juger vraiment, mais j’aime la fluidité de cette traduction, son élégance, sa capacité à bien rendre une pensée complexe).
Fiction
Constat : j’étais un peu en manque de fiction. Ce qui me fait écrire cela, c’est non seulement le plaisir ressenti mais les répercussions sur la pensée de deux lectures récentes ou en cours, Naissance d’un pont de Maylis de Kerangal et Le Fracas du temps de Julian Barnes. La lectrice de poésie et d’essais que je suis ne devrait pas se couper de la fiction. C’est un autre regard sur le monde, c’est une autre approche de la littérature et de l’art. Exclure la fiction est se couper une aile. Il y a aussi cette propension des fictions à poursuivre le lecteur, à l’appeler au retour vers le livre qui ne me semble pas aussi opérante avec un livre de poèmes ou un essai, fussent-ils remarquables.
Car quoi la beauté
Le titre du gros recueil d’essais de Jean Starobinski, La Beauté du Monde, le titre du livre de Bernard Bro, La Beauté sauvera le monde (emprunté bien sûr à Dostoïevski, L’Idiot)
et cette note :
« Car enfin, quoi de la beauté ? », s’interroge Jean-Luc Nancy dans Le Plaisir au dessin. Avant de répondre : « [E]lle est la splendeur du vrai. C’est-à-dire l’éclat par lequel le vrai se manifeste. Non pas une auréole ou une brillance attachée à cette manifestation ― cette splendeur n’a pas à être rutilante ni somptueuse […]. Mais l’éclat de la chose ― le vrai ― qui n’est précisément que son éclat et le fait qu’il éclate. Or il éclate quand distinctement une forme s’enlève […] ».
Dans un article de M Gosztola sur Tomlinson
Tout grand poème
Une citation de Gabriel Bounoure sur l’une des cartes envoyées par Auxeméry : « tout grand poème (…) est le lieu où les énergies de l’univers montent vers le langage ». (Marelles sur le parvis).
Lucas Debargue
Je l’écoute et l’écoute, en boucle. Le deuxième disque de Lucas Debargue depuis qu’il a été découvert lors du concours Tchaïkovski au cours de l’été 2015. Le largo e mesto de la Sonate n°7 de Beethoven me met les larmes aux yeux et cette émotion gagne sur tout ce que je lis et fais, me rend plus ouverte, plus accessible peut-être. Je parcours les livres pour faire ma rubrique « Livres reçus par Poezibao » et là encore, les larmes me viennent aux yeux. Ce tout jeune pianiste touche quelque chose d’infini, de profond, d’essentiel. Cela qu’il donne, la façon dont il joue, que je dirai au bord de l’infini, même si cette formule ne veut pas dire grand-chose, c’est cela que je cherche dans la musique et que je ne trouve bien sûr que rarement. Très rarement dans les disques, qui sont trop le fait de techniciens talentueux mais pas de métaphysiciens ou de connaisseurs de l’âme humaine. Debargue me semble faire partie de ces derniers. Peut-être ce que Michèle Finck appelle, à la suite de Yehudi Menuhin, la troisième main, quand quelque chose d’autre que la technique, le savoir, les capacités personnelles se manifeste, reliant le musicien à plus que lui-même et même que le compositeur qu’il interprète
Julien Blaine
Trois fois dans une même journée sans parler d’un livre de lui tout récemment reçu, trois occurrences un peu étranges, car pour les deux premières inattendues, a priori, avec ce que je sais de lui : une sorte de pub ou fausse pub dans Le Monde ; une citation dans Poétique, remarques, de Jacques Roubaud, n° 3251 : « (Julien Blaine) La ligne d’horizon est une conjonction de coordination » ; et un mail de lui.
Jacques Roubaud
cette « remarque » qui me fait bien sûr penser à la musique : « Quand une disposition transformée d’un mètre est formulée pour la première fois, elle n’est pas comprise : tout ce qui est nouveau est d’abord entendu comme du bruit. » (3226)
D’où l’idée magnifique de cette émission que j’écoutais très jeune et dont je n’ai jamais retrouvé l’intitulé. Émission dédiée à la musique contemporaine et dont le principe consistait à donner deux fois de suite une œuvre. Qui bien souvent la première fois ne semblait que « bruit ». Puis que le présentateur analysait, situait, expliquait. La deuxième écoute n’était plus bruit mais musique.
Et s’il en allait de même pour les plus novatrices et les plus exigeantes de nos lectures ? D'abord bruit puis lente naissance du sens de l'oeuvre.
Roubaud et Socrate
Socrate : Qu’est-ce que la poésie ? – Théétète : de ça de ça et de ça. – Socrate : la question n’est pas p’tit Théétète de quelles choses la poésie est ni combien de la poésie il y a, la question est, "qu’est-ce que la poésie ?". – Th. : la poésie. (Remarque n° 3249)
Cole Swensen et le fondu enchaîné
Retranscrivant pour l’anthologie permanente de Poezibao cet extrait de Cole Swensen : Une église au milieu d’un champ est un arbre, j’ai aussitôt pensé au fondu enchaîné. Histoire de longue traîne pour moi que celle du fondu enchaîné. Puisque cela remonte à la petite enfance. À cette expérience de nature quasi magique du spectacle donné à des amis, parfois, le soir, par mon père : un fondu enchaîné de diapositives. À l’époque, dans les années cinquante et soixante, il n’existait pas encore d’appareils sophistiqués pour produire de tels effets. Mon père avait fait construire un petit dispositif, une planche horizontale où il posait les deux projecteurs, une lame de bois verticale dans laquelle étaient encastrés deux diaphragmes actionnés par une manivelle. L’un s’ouvrait tandis que l’autre se fermait et ce mouvement donnait naissance à toutes sortes d’états intermédiaires de l’image (de la matière !), de superpositions, dont il est évident que je recherche l’idée quand je pratique mes propres montages photographiques. Pour une très jeune enfant, il y avait quelque chose d’extraordinaire à ce spectacle, soutenu en plus par un choix musical de toute beauté, Debussy, Ravel, Messiaen, Jardins sous la pluie et autres Fêtes des belles eaux. Expériences fondatrices donc, pour la photographie et la musique.
Or le procédé du fondu enchaîné me semble rarissime en littérature, parce que sans doute très difficile techniquement. Et j’ai ce sentiment, qu’ici, dans le cadre de ces « Paysages en train », Cole Swensen parvient à en produire l’effet, né du jeu des images qui se succèdent sur la rétine à toute allure, lors d’un voyage en train.
Multi-temporalité du souvenir
Les « Remarques » de Jacques Roubaud suscitent toute une réflexion, parfois quasi subliminale, sur la mémoire, le souvenir, l’oubli. C’est ainsi qu’a surgi l’idée que le souvenir brassait en fait des temporalités multiples et de manière dynamique car évolutive. Il y a le temps du fait dont on se souvient ; puis le feuilleté parfois épais de tous les temps intermédiaires, que le fait ne remonte jamais à la mémoire ou bien qu’il y revienne périodiquement ; et il y a enfin le moment où on se souvient. Si bien que quelqu’un qui serait pleinement dans le souvenir serait en fait sinon hors du temps, en tous cas hors du seul temps présent, dans une multi-temporalité. Qui me semble un des caractéristiques de l’inconscient. Phénomène que l’on trouve à l’œuvre dans les célèbres évocations de Proust, madeleine, pavés de Saint-Marc, etc. Écrasement ou déploiement de temporalités distinctes. Qui nous fait dire à la fois quand, où et même qui suis-je ?