Muzibao ne souhaite pas entrer dans le jeu des comparaisons et adhère pleinement à cette remarque de Marielle Macé, dans son livre Styles : « il y a tout à observer, et non pas seulement à comparer. » (Elle cite en fait Marcel Mauss)
Selon le vieil adage évangélique, il y a plusieurs demeures dans la maison du père. On s’enrichit considérablement à écouter plusieurs versions d’une œuvre aimée et chacune peut apporter son lot de découvertes. Par ailleurs, il en va des interprétations comme des livres, il y a plus ou moins grande adéquation entre celui qui joue ou écrit et celui qui écoute ou qui lit.
Voici par exemple pas moins de cinq interprétations différentes des Études symphoniques de Schumann, avec les pianistes Sviatoslav Richter, Emil Gilels, Daniil Trifonov, Alfred Brendel et Ivo Pogorelich.
Toutes sont accessibles à l’heure où cet article est rédigé via Youtube. Et c’est un des principes de base de Muzibao, proposer un accès gratuit et légal aux immenses ressources musicales disponibles en ligne.
Ces Études symphoniques ont été composées en 1834. Il existe deux éditions, celle de 1837, avec treize courtes pièces ne dépassant pas, pour la plupart et à l'exception du Finale, une ou deux pages : d'abord le thème en do dièse mineur,
puis onze variations sur ce thème intitulées "études", qui font chacune appel à une difficulté technique particulière (jeu polyphonique, déplacements en octaves...), et enfin le Finale, d'une longueur bien plus importante et dans la tonalité de ré bémol majeur. L'édition de 1852 présente des différences majeures avec celle de 1837 et il y aura une édition définitive posthume, en 1857. Les Études symphoniques font partie des œuvres pour piano seul les plus jouées de Schumann. Elles illustrent parfaitement ce qu'on appelle des "études en forme de variations" comme en témoigne d'ailleurs le titre de la seconde édition. (source)
Voici la version de Sviatoslav Richter, inscrite ici à la Une de Muzibao parce qu’elle permet aussi, pour ceux qui en ont la possibilité, de suivre la partition. Mais c’est aussi un des paris de Muzibao : avec certaines vidéos, qui proposent la partition avec uniquement deux ou trois portées et qui avance en même temps que la musique, même ceux qui ne savent pas lire la musique peuvent faire l’expérience de la suivre visuellement. Muzibao incite fortement à tenter cette belle expérience !
lien vers la vidéo
00:00 - Theme - Andante
01:36 - Etude I (Variation 1) - Un poco più vivo
02:41 - Etude II (Variation 2) - Andante
05:18 - Etude III - Vivace
06:28 - Etude IV (Variation 3) - Allegro marcato
07:29 - Etude V (Variation 4) - Scherzando
08:34 - Posthumous variation I - Andante, Tempo del tema
10:11 - Posthumous variation II - Meno Mosso
12:19 - Posthumous variation III - Allegro
13:50 - Posthumous variation IV - Allegretto
16:33 - Posthumous variation V - Moderato
19:12 - Etude VI (Variation 5) - Agitato
20:06 - Etude VII (Variation 6) - Allegro molto
21:16 - Etude VIII (Variation 7) - Sempre marcatissimo
23:44 - Etude IX - Presto possibile
24:33 - Etude X (Variation 8) - Allegro con energia
25:43 - Etude XI (Variation 9) - Andante espressivo
28:04 - Etude XII (Finale) - Allegro brillante (based on Marschner's theme)
Voici d’autres versions :
Celle d’Emile Gilels, document vidéo, durée, 27’, date non précisée
Celle de Daniil Trifonov, document vidéo, 33’43
Daniil Trifonov fait partie des jeunes pianistes les plus en vue à l’heure actuelle. Il a fait paraître récemment un enregistrement presqu’unaniment salué des études de Liszt.
Celle d’Alfred Brendel, document audio, 34’24
Celle enfin d’Ivo Pogorelich : document audio, avec des photos (très belles) du pianiste, durée 27’31
Ivo Pogorelich est un pianiste relativement rare. Presqu’absent à la suite du décès de son épouse, en 1996, il revient un tout petit peu au disque et sur scène.
Sa renommée date paradoxalement de sa "mention honorable" au prestigieux Concours international de piano Frédéric Chopin de Varsovie en 1980 : son élimination au deuxième tour provoque d’intenses controverses et la pianiste Martha Argerich, membre du jury, considérant qu’il s’agit d’un génie, démissionne de son poste. Grâce à cette démission, il a obtenu le "Prix de la critique" qui lui a permis de voir sa carrière portée au firmament par les médias et les critiques. (source)