Brahms: Ballade n°4, Op.10, quatre versions + une
Les Ballades pour piano, op. 10 ont été écrites par Johannes Brahms au cours de l'été 1854. Elles sont dédicacées à Julius Otto Grimm et font partie des pièces de « jeunesse » du compositeur. Leur écriture est contemporaine de l'amour naissant de Brahms pour Clara Schumann, femme du compositeur qui est également l'ami et le protecteur du jeune Johannes.
Elles sont au nombre de quatre. La première est inspirée d'une ballade écossaise, Edward, tirée de l'anthologie Stimmen der Völker in ihren Liedern de Herder.
Ballade no 1 en ré mineur
Ballade no 2 en ré majeur
Ballade no 3 en si mineur
Ballade no 4 en si majeur
(source)
Cette publication sur Youtube a l’intérêt de présenter quatre interprétations de ces ballades, celles de Stephen Kovacevich (pianiste et chef d'orchestre américain, né le 17 octobre 1940), Arturo Benedetti Michelangeli (pianiste italien né en 1920 et mort en 1995), Cedric Tiberghien (pianiste français né en 1975) et Kristian Zimerman (pianiste polonais, résident en Suisse, né en 1956).
Muzibao propose de comparer les quatre interprétations, non pas sur l’intégrale du cahier, mais avec la Ballade n° 4 (durée entre 5 et 7 mn) :
Stephen Kovacevich :
Arturo Benedetti Michelangeli :
Cedric Tiberghien :
Kristian Zimerman :
Lien vers la comparaison intégrale des quatre versions.
On peut aussi écouter cette émission du « Matin des Musiciens » de France Musique, consacrée à Geoffroy Couteau qui a enregistré une très belle intégrale du piano de Brahms pour La Dolce Volta. On y entend notamment la Ballade n°4.
Enfin, toujours à propos de cette 4ème ballade, les lecteurs de l’anglais pourront lire ces intéressantes notes du pianiste Brian Chapman, qui insiste beaucoup sur la mélancolie, le chant quasi funèbre (mournful song) de la seconde partie de cette ballade.
« A comforting warmth, tinged with nostalgic regret, pervades the pure song with which the Fourth Ballade opens. The second theme -marked Più Lento with instructions that the piece should be played with the most intimate sentiment but without making the melody too marked- is closely related both in melody and registration to the Romanze in F sharp major, Op.28 No.2 published by Schumann in 1840 (ici dans un enregistrement de 1937 par A. Rubinstein) (…). The deliberately muted delivery of this mournful song may be interpreted at two possible levels: it might be seen as a homage to a composer whose song was already approaching extinction; or it might also be a clandestine love song from the emergent composer to a woman who could never be his bride. When the opening theme makes its second appearance it is followed by a chorale-like transformation in which the mood becomes that of a requiem for the composer's doomed friend. By the time the second theme reappears, it is as if all hope has been finally abandoned. At the close the warm opening song makes two vain attempts to break through the gloom, only to be submerged each time in an atmosphere of grimly controlled despair and sadness. » (source)
NDLR, le second thème, si poignant, de la ballade a en effet comme indication : più lento, col intimissimi sentimento ma senza troppo marcare la melodia
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