Essayer de faire tenir debout une construction dont rien
alentour ni personne n’exigent la présence. Pour soi-même, tâcher de se frayer
un chemin dans le spectacle, les complications et la tyrannie parfois très
exercée du monde. pour cela, opposer une inertie de rocher à l’insistance de la
vague ou se montrer, au contraire, aussi obstiné que la vague contre l’inertie
du dehors ? L’un et l’autre, sans doute, avant d’en conclure que notre
position est, au bout du compte, à peine plus assurée que celle d’un bigorneau
calé – par quel miracle et pour combien de temps ? – dans une
anfractuosité où clapotent les marées.
Gilles Ortlieb, Carnets de ronde, Le temps qu’il fait, 2004,
p. 27
Gilles Ortlieb est né en 1953 au Maroc. Auteur de poèmes,
récits et carnets, il a notamment publié aux Éditions Le Temps qu’il
fait :
Soldats et autres récits, 1991,
Gibraltar du Nord, 1995,
La nuit de Moyeuvre, 2000
Sept petites études, 2002
Carnets de ronde, 2004
et chez Gallimard, Place au cirque, 2002.
Un bel ensemble sur le site de la Ville de Boulogne sur mer
La page Gilles Ortlieb sur le site de son éditeur Le Temps
qu’il fait
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Ortlieb

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