
DR Flote
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Nous regardions souvent
debout derrière la vitre
la flambée des nuages
au bûcher du couchant
L’incendie était tel
que nous restions sans voix
pétrifiés d’allégresse
ensevelis d’émoi
trouve spontanément
les mots dont il manquait
pour libérer l’encens
Debout à la fenêtre
nous sommes toujours présents
mais la vitre est ouverte
qui étouffait le chant
Bastaire, Noces vives, Arfuyen 2002, p. 45.
Jean Bastaire est né en 1927 dans le Puy-de-Dôme où ses parents étaient artisans-imprimeurs. Il débute à Paris en 1946 comme critique de cinéma. Puis professeur au CNED (Centre national d’enseignement à distance), il collabore de 1952 à 1981 à la revue Esprit (littérature, spectacles, politique et religion). Son travail critique est consacré à la poésie chrétienne à l’âge baroque et à l’œuvre de Charles Péguy. Il écrit trois pièces de théâtre, un essai d’autobiographie spirituelle des apophtegmes et de nombreux essais.
Extrait de sa bibliographie
Court traité d’innocence, Lethielleux, 1997
Psaumes de la nuit et de l’aurore, Arfuyen, 1996
Passage par l’abîme, Arfuyen, 1998
Madame de Clèves (théâtre), José Corti, 1980
Essais :
Eros sauvé, Desclée de Brouwer, 1990
La passion du Christ selon les poètes baroques français,
La Différence, 1993
Alain-Fournier ou la tentation de l’enfance, Plon
1964
Péguy tel qu’on l’ignore, Gallimard, 1973 ; rééd. 1996
Conversations écologique de Claudel, Le Temps qu’il
fait, 2000
Rédigé par : rotkorotko | dimanche 12 décembre 2004 à 23h10