Formes Poétiques Contemporaines (FPC) vient de publier son troisième numéro.
Cette revue n’est pas une revue de poésie mais une revue sur la poésie (ce qui
ne l’empêche pas indirectement, comme on va le voir, de publier beaucoup de
textes poétiques). Mais l’objet central de FPC, ce sont les formes de la poésie contemporaine : « La conception opératoire de la forme
qui sous-tend la démarche de la revue suppose l’existence, dans un texte ou un
ensemble, d’un ou plusieurs traits observables et descriptibles, ainsi que leur
répétition et leur régularité – étant entendu que ces traits ne peuvent
s’identifier prioritairement et exclusivement à ceux qui sont propres aux
normes linguistiques et pragmatiques ». Autrement dit, champ libre aux
formes inventées par leur auteur, à toutes les variations les plus strictes ou
les plus hors-normes autour de la forme.
Le sommaire comporte
plusieurs sections :
Le
Poète invité, avec pour ce numéro 3,
Jean-Marie Gleize.
Le Dossier est consacré cette fois aux Formes
fixes aux USA : des Modernistes aux New Formalists, dossier absolument passionnant articulé en deux
temps autour de Marilyn Hacker et de David Caplan.
De Marilyn
Hacker, un texte fouillé, dense, très documenté, intitulé Qu’y a-t-il d’américain dans la Forme
américaine ? suivi de deux poèmes, une sextine et un sonnet et d’une longue interview de l’auteur qui
précise ainsi un certain nombre de points.
Passionnant aussi le grand article que
David Caplan consacre à la sextine, au travers d’exemples empruntés à Elizabeth
Bishop, à Auden, Zukofsky, Pound, mais
aussi à des poètes contemporaines comme Anthony Hecht ou Donald Justice.
L’intérêt de cet article est d’explorer ce qu’impose cette forme au poète
et ce qu’elle lui permet en retour, autour de cette idée par exemple que
« les exigences de la sextine sont si durement arbitraires qu’elles
réclament d’être utilisées métaphoriquement ». Caplan montre aussi comment
la sextine permet de traiter des sujets extrêmement durs avec un glissement de
sens de l’insouciance au drame, qui jouent précisément autour de la polysémie
des fameux mots-rimes. (on peut se reporter à l’article de Poezibao sur la
sextine)
L’enquête ensuite : car depuis son premier numéro, Formes
Poétiques contemporaines mène une
enquête sur la place que la forme occupe dans l’écriture des poètes et sur la
façon dont eux-mêmes perçoivent et réfléchissent cette question. Chaque poète,
qui peut être sollicité par la revue ou faire un envoi spontané, doit en fait
répondre à des questions précises sur le sujet mais de plus il doit illustrer
son propos de poèmes de lui, inédits ou non. Les poètes présents dans ce numéro
sont Auxeméry, Stéphane Bouquet, Gérard Cartier, Gilles Ortlieb.
Le reste du numéro se
découpe en études théoriques, toujours illustrées de nombreux exemples. Notons
par exemple un article de Jacques Demarcq sur L’art désespéré du sonnet, un autre d’Alain Chevrier Du
monostiche chez Jacques Jouet, ou
encore deux articles de Gérald Purnelle, rédacteur en chef de la revue, l’un sur
La structure de l’ambiguïté chez
Gérard Titus-Carmel et sur Régularité/Opacité chez Bernard Vargaftig.
C’est dire le haut niveau
d’exigence de cette revue forte de plus de 300 pages et dotée d’un utile index
des noms cités mais dont la lecture n’est néanmoins pas difficile, notamment
grâce au recours quasi systématique à l’illustration par l’exemple de tous les
points de vue théoriques.
Présentation
de la revue
- Membres du comité de
rédaction : co-directeurs Alain Chevrier et Bernardo Schiavetta, rédacteur en
chef, Gérald Purnelle, rédacteur en chef adjoint, Jan Baetens, maquette et mise
en page Elizabeth Chamontin, conseil de rédaction Elizabeth Chamontin, Didier
Coste, Marie Etienne, Jean-François Puff, Jean-Jacques Thomas.
- Coordonnées de la revue
:
Adresse de la rédaction
en France :
Bernardo Schiavetta,
79 rue Manin, 75019
Paris,
[email protected]
- Site
http://www.revuefpc.net : toutes les
informations pour se procurer la revue sont présentes sur le site, ainsi que le
sommaire détaillé des numéros 1, 2 et 3.
courriel : [email protected]
Rédigé par : SCHIAVETTA, Bernardo | samedi 10 septembre 2005 à 17h35