Le motif me permet de commencer quelque chose, capter une
ambiance, émettre des phrases.
Parfois, une phrase unique suffit à le placer sur orbite :
« Les
cosmonautes sont plus lents que les jardiniers »
ou :
« les princesses créent leur propre clarté »
Il y a le motif schrek ou le motif
temps, la pâte que j’ai lissée ce
matin et que je dois utiliser avant ce soir.
J’espérais qu’avec un C à Shrek, il
deviendrait moins abrupt, un peu plus vert (pas le chauffeur d’Adolphe Hitler,
ni l’acteur qui joue dans Nosferatu).
Il y a le motif dense, minuscule, caché sous le ventre d’une poule,
puis l’autre, gros et gazeux, sur le même plan que la pensée qui se disperse,
peut s’effondrer à tout moment.
La beauté d’un motif exige un soin permanent
(une Marilyn franchement mince, pas trop maquillée).
Je frappe sur une coquille, des gouttes se forment, le motif apparaît en pleine
énonciation.
J’ai besoin d’un motif par jour pour changer le goût de mon chewing-gum.
Il existe un motif romantique oublié depuis longtemps : le lac.
Lamartine parle au lac, la femme aimée parle au temps,
Lamartine parle au temps jaloux et à la nature. Le temps devient motif et
figure de style,
comparé à océan.
Dans le motif Temps suspend son vol, je suis mitigée. C’est vrai que,
plus jeune, j’aurais aimé qu’il passe plus vite.
Il n’y a pas réellement de hiérarchie entre le motif Liz et le motif Siegfried,
entre Temps, Enfance, Mort d’un côté et Personnage de fiction de l’autre.
index
de Poezibao
Sur simple demande à [email protected],
recevez chaque jour l'anthologie permanente dans votre boîte aux lettres
électronique
Commentaires