
Pour célébrer une double parution Serge Pey. En premier lieu, dans la collection anthologique de l’éditeur Jean-Michel Place, Serge Pey, la bouche est une oreille qui voit, par Arlette Albert-Birot. En second lieu, chez l’éditeur le Castor Astral, Poésie publique poésie clandestine, poèmes 1975-2005, anthologie personnelle composée des principaux textes que Serge Pey récite, profère et incarne en tous lieux depuis une trentaine d’années.
Le poème n’est évidemment pas tout à fait choisi au hasard !
tu n’es rien
1
le ballon que je
pousse avec mes pieds
est une tête perdue
qui cherche au hasard
un corps décapité
pour l’habiter
avec le rire de sa bouche
Je ne peux toucher
ton rêve avec mes mains
car sa tête est un chemin
que tracent mes pieds
dans toutes mes chaussures
Parfois c’est ma tête
qui roule à mes pieds
et un gardien aveugle
la laisse passer dans le filet
quand la foule jette
son silence de vieil os
à un seul chien dans
la poussière
Tu le sais
quand nous jouons
ensemble nous avons deux
têtes
et nous ne savons laquelle
nous devons tirer dans le ciel
en titubant entre
nos pieds nus et nos souliers
Ce ballon que je tiens entre
mes mains
est la tête
que tu veux placer
sur un homme
pour inventer un dieu absent
dans la foule en cendre
d’un seul chapeau
La fenêtre dans laquelle
je tire devient doucement
le corps immense
de ce que je ne sais pas.
Serge Pey, Poésie publique poésie clandestine, poèmes 1975-2005, Le
Castor Astral, 2006, p. 187
note
bio-bibliographique de Serge Pey
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