Le plus beau vers de la langue française
« Le geai gélatineux geignait dans le jasmin »
Voici,
mes zinfints
Sans en avoir l'air
Le plus beau vers
De la langue française.
Ai,
eu, ai, in
Le
geai gélatineux geignait dans les jasmin...
Le poite aurait pu dire
Tout à son aise :
« Le geai volumineux picorait des pois fins »
Et bien ! non, mes zinfints.
Le poite qui a du génie
Jusque dans son délire
D'une main moite
A écrit :
« C'était l'heure divine où, sous le ciel gamin
le geai gélatineux geignait dans le
jasmin »
Gé, gé, gé, les gé expirent dans le ji
Là, le geai est agi
Par le génie du poite
Du poite qui s'identifie
A l'oiseau sorti de son nid
sorti de sa ouate.
[...]
Quand vous serez grinds
Mes zinfints
et que vous aurez une petite amie anglaise
Vous pourrez murmurer à son oreille dénaturée
Ce vers, le plus beau de la langue française
Et qui vient tout droit du gallo-romain :
« Le geai gélatineux geignait dans le jasmin »
René de Obaldia, extrait de Innocentines, cité dans Anthologie de la
Poésie française du XXe siècle, Poésie/Gallimard 2000, p. 149.
René de Obaldia est né en 1918 à Hong-Kong d'un père panaméen (José Clemente de
Obaldia), alors consul du Panama dans cette ancienne colonie britannique, et
d'une mère française. Il fait toutes ses études en France. Mobilisé en 1940, il
est fait prisonnier et envoyé dans un
camp en Pologne (Silésie). Secrétaire général au Centre culturel international
de Royaumont de 1952 à 1954. Puis, après un court passage comme directeur
littéraire aux Éditions Pierre Horay, Obaldia publie son premier roman Tamerlan
des cœurs (1956) et un second roman, Le Centenaire, "épopée de
la mémoire" (1960, Prix Combat). C'est peu après que commence sa carrière
dramatique grâce à Jean Vilar qui donne au T.N.P. Génousie,
"comédie onirique". Beaucoup d'autres pièces parmi lesquelles Sept
Impromptus à loisir, Le Général inconnu, Monsieur Klebs et Rozalie, Du vent
dans les branches de sassafras (où Michel Simon fit une rentrée
fracassante), La Baby-sitter, Les Bons Bourgeois, assureront à Obaldia
une audience internationale. Il a été élu à l'Académie française le 24
juin 1999, au fauteuil de Julien Green.
Autres
textes : Les Innocentines (1969),
poèmes pour enfants et quelques adultes. Exobiographie, mémoires (1993). Sur le ventre des veuves,
recueil de poèmes (1996).
Sitographie :
Obaldia sur
le site de l'Académie Française
biographie et
bibliographie
Rédigé par : Marcelle Simon | mardi 10 juillet 2007 à 17h03
Rédigé par : catherine Flament | mercredi 02 août 2006 à 12h09