Apprendre peu à peu à déchiffrer l'espace
les empreintes flottant dans la nuit plus que nuit
ce qui fut imprimé dans l'épaisseur du temps
dans la géologie d'éther des galaxies
leur silence infini
Si tu avais appris à lire ce que le temps écrit
tu verrais dans la nuit des milliards de visages
le buisson millénaire des formes de la vie
les arbres disparus les bêtes d'autrefois
les hommes d'avant toi
Mais tu n'es qu'un passant aux yeux trop mal ouverts
Tu vois ce qu'on peut voir les
étoiles du ciel
un arbre un autobus un chat un épicier
tous ceux que comme toi on nomme les vivants
tout ça qui plus ou moins parfois nous rend contents
Claude Roy, Le rivage des jours 1990-1991,
Gallimard 1992, p. 156
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Bio-bibliographie
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