Dominique Sorrente m’envoie un choix de poèmes écrits en
mémoire de son ami le poète André Rochedy récemment
disparu (dans un silence assourdissant des médias) et en hommage à l’épouse
d’André Rochedy Geneviève Raphanel.
Je l’en remercie.
QUE LES OISEAUX PASSEURS
à mes amis trabouleux,
André Rochedy (i.m)
et Geneviève Raphanel
Quand
rien ne fait plus fortune qu’un
jour sans hâte, serré contre sa nuit,
les pauvres par temps d’oubli vous désignent leurs branches.
Pour quelques notes hors de portée,
ils vont derrière leurs parenthèses,
dans la retenue de la page.
*
Il y aura cet arbre dévêtu de songes, ce parvis à l’église absente,
là derrière nous, toujours
cette tempête d’éventails jetés au creux du monde.
Chacune de nos chances aura son nom d’étoiles à deviner.
Et cette herbe entre nous qui ne dort pas.
*
Trop tard, jamais
pour imaginer une majuscule sans point,
deux gens heureux qui ont des histoires plein la tête
et il neige…
Notre limite a sa patience, dit leur sourire en duo,
ne craignant plus à cette seconde juste
d’accompagner des yeux un bout de ciel
entr’ aperçu par un trou de journal.
*
On ne dit pas
jusqu’où va le silence imperceptible
de leurs vies.
On dit que le destin
est un repas qui s’installe au bord du soleil.
Et puis, on ne dit rien, à la fin,
on laisse l’oratorio de Scarlatti
sous les mains du joueur de luth,
une nuit entière sans bouger
après les bravos du concert.
On est un banc ou une chaise.
On ne dit
rien.
pour le 9 août 2006
Dominique Sorrente, poèmes inédits en mémoire d’André Rochedy
bio-bibliographie
de Dominique Sorrente, avec notamment le lien vers son site
Commentaires