Aussi petit soit-il, le continent belge n’a pas fini de
faire parler de lui. Parce qu’il y a – et c’est le titre de ce dossier d’Action
Poétique – « belges & belges ». Deux espaces en un, le wallon
et le flamand, l’un francophone, l’autre pas. Plus qu’une frontière
linguistique, une frontière culturelle ? Et qu’en est-il, pour ce qui nous
préoccupe ici, de la poésie belge ? D’ailleurs existe-t-elle,
s’interrogent Jan Baetens et Rossano Rosi, en introduction au dossier précité.
Retour à la case départ : il y a belges et belges. Pas question de
confondre les deux. Le flamand – pas toujours rose – niche au Nord, le wallon
se cantonne au Sud. Entre eux très peu de ressemblance. « Quoique »,
dirait Raymond Devos, un rien belge. Oui, à y regarder de plus près, les belges
des deux camps nourrissent une même sympathie pour la création poétique, aussi
tenace de part et d’autre de la frontière. On y relève aussi un même attrait
pour une poésie plutôt lyrique à dominante narrative. Côté wallon, elle montre
toutefois son attachement au rythme, à l’oralité. Côté flamand elle se dévoile
plus savante, sans pour autant céder au théorisme. Dans le rôle de Monsieur
Loyal, l’idiot du vieil âge, Jean-Pierre Verheggen fait l’ouverture. Les
douze poètes présentés, sept néerlandophones, cinq francophones – compte tenu
du cas particulier de Jan Baetens, flamand écrivant en français – sont pour la
plupart nés dans les années 60 : Jan Baetens, Paul Bogaert, Peter
Holvoet-Hanssen, Jan Lauwereyns, Peter Theunynck, Dirk Van Bastelaere, Nathalie
Gassel, Karel Logist, Nicole Malinconi, Pascal Nottet, Rossano Rosi, Vincent
Tholomé. Au bout du compte, la frontière ne se situerait-elle pas entre chacun
de ces poètes, représentants esseulés de leur territoire individuel ?
Alors ,Belges & belges, comme singuliers et pluriels ? Quelle
histoire (belge) !
©Alain Helissen
Action Poétique N°185 ; 36 rue Raspail 94200 Ivry-sur-Seine. [email protected]
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