Jeudi 23 novembre 2006, au Centre d'études poétiques de
l’ENS LSH,
Neutralisation et inscription de la différence dans les modernités poétiques
Journée d’études organisée par le Centre d’Études Poétiques
dans le cadre du programme de recherche régional "Culture, patrimoine et création" (axe "Genre et
culture").
"Une poésie qui aurait un genre ? Si le genre est l’indice linguistique de
l’opposition politique - au sens étymologique du mot entre les sexes, il n’y en
a qu’un. Puisque le masculin n’est pas seulement le masculin mais le général. Il y aurait donc
le général et le féminin" (Liliane
Giraudon et Henri Deluy, Poésies en
France depuis 1960 - 29 femmes - une
anthologie).
Poser la question du genre (gender) dans l’écriture ne va pas de soi et, puisque "je est un autre", il semble entendu pour les modernités poétiques que le sexe de l’écrivain est étranger au fait de l’écriture, l’"écriture blanche" (Barthes) apparaissant comme un horizon d’autant plus désirable que l’on s’éloigne de l’épanchement subjectif, de la confidence intime et des particularisations biographiques, biologiques, etc. Pourtant, les problématiques de genre (gender), par la redéfinition du "général" dont elles sont porteuses, semblent en ce point recouper la question du genre littéraire - l’évidente naturalité de "la poésie" et du "sujet" faisant elle aussi l’objet d’une remise en cause parfois violente depuis la fin du XIXe siècle. Malgré leur refus d’une spécification thématique ou formelle des écrits de femme, L. Giraudon et H. Deluy sont ainsi amenés à reconnaître le nécessaire compte tenu des genres (gender) pour rendre compte des poésies et "sortir les textes écrits par des femmes d’un certain ghetto", à partir de ce constat : "Il y a longtemps que la littérature française - dans le domaine de la prose - donne à lire de grands écrivains-femmes. Beaucoup moins de la poésie". Poser la question du genre, ce n’est donc pas revenir à un biographisme anachronique ou essentialiser des identités historiquement et culturellement construites, mais bien considérer une question qui se pose à celle ou celui qui écrit, à celle ou celui qui lit. Des tentatives pour fonder une "poésie féminine" à la tension vers une écriture neutre n’excluant pas "la confusion des genres" (A.-M. Albiach), il s’agira donc durant cette journée d’explorer diverses stratégies de neutralisation et / ou d’inscription des genres dans l’écriture, de la fin du XIXe siècle à l’extrême contemporain.
Avec Benoît Auclerc, Liliane Giraudon, Jean-Marie Gleize,
Virginie Lalucq, Martin Richet... Contact scientifique : Benoît Auclerc, [email protected] – 04 37
37 63 89
Secrétariat : Marie Limongi, [email protected] - 04 37 37
64 13
Centre d'études Poétiques ENS LSH
Parvis René Descartes BP 7000 69342 Lyon
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