Aujourd’hui Poezibao propose une note de lecture du livre de Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, (par Anne Malaprade) et ci-dessous, des extraits du livre.
Je suis venue en hésitant on m’a dit soyez douce avec vous-même
C’est une façon d’écrire un sonnet sans prendre de gants
D’enregistrer des voix oubliées en imaginant leur tessiture
De plus loin que je me souvienne (en fait de rien)
C’est là que j’ai inventé la méthode à rebours
Coincée entre une coiffeuse d’époque et un miroir sans tain pour Barbie défraîchie
(45)
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Pour supprimer ce qui vient en pensée tout en pensant :
« un jour la pensée reviendra dans un rêve bizarre qui me hantera
une fois réveillée car j’aurais tout appris
de ce rêve sans prendre soin de ma garde-robe ni de la couleur de mes cheveux
je serais recouverte
d’un vêtement ou d’une aura qui ne m’appartient pas »
(48)
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(Incipit de la section « Ciseaux & ciel nocturne »)
A papillonner sur le papier
Preuves, retrouvailles de coquilles dépareillées
La ligne que je saute égale une forme de subjectivité
Pour l’écriture nécessaire
Et non la seule répétition d’une pensée
L’obsession reviendrait, se tiendrait à côté de Messaline, surnom que mon père me donnait enfant, parmi d’autres comme Salomé, Cassandre la bien nommée qui annonce la perte
Une part importante de cet extrait a été supprimée à la demande de l'auteur le 23 mai 2024
Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, Flammarion, 2021, 168 p., 18 euros.
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