Combien vaut la IXe Symphonie ?
Une chronique d'André Hirt
La tricherie va son train en tout commerce et fait tourner le monde. On appelle cela « les affaires », le business. Le tricheur a la main, l’abusé est enfariné. D’un autre côté, chacun estime qu’il faut en toute chose être prudent, car l’homme est méchant et peu fiable. Tout le monde fait l’expérience de cette vérité et constate également la vérité de cette expérience que la tentation est sinon forte du moins présente, même pour les meilleurs elle effleure ne serait-ce qu’insensiblement l’esprit, de tromper autrui. L’affaire est donc entendue.
Elle l’est un peu moins, peut-être, ou davantage, peut-être aussi, si l’on prend en compte ce domaine si spécial qu’est la pratique artistique. Ainsi, allons droit aux faits : dans quelle mesure telle installation au musée d’art contemporain n’est-elle pas une supercherie, et au fond une tricherie à plusieurs volets (on fait passer l’installation pour une « œuvre d’art », cette œuvre vaut une certaine somme, car il existe un « marché », on se moque du spectateur ou on opère sur lui un forçage du genre : il faut (savoir) regarder, il faut (savoir) reconnaître comme telle cette œuvre, sinon votre goût, plus largement votre jugement et par extension vos aptitudes à comprendre le monde contemporain seront invalidés) ? L’art est devenu, on le constate, ce que sont les affaires et leur milieu, à savoir une affaire de complicité.
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