mercredi 07 mai 2008

Les 70 ans de l'éditeur José Corti

José Corti, 1939-2008 : 70 ans d’édition

 

 

 

À un certain moment, un livre
est une chose qui intercepte la lumière

Corti001 Cette citation de Macadonio Fernández, le lecteur la retrouvera page 22 du gros carnet (64 pages) édité par les éditions José Corti à l’occasion du 70ème anniversaire de la maison d’édition et de la librairie ; c’en est une parmi presque une centaine d’autres. Ce qui ne fait pas de doute, ce sont les aptitudes qu’avait José Corti à comprendre quand un manuscrit interceptait la lumière… Lire le catalogue (p. 41 à 60), année par année, de ce qu’il a publié, et à sa suite Bertrand Fillaudeau, puis Fabienne Raphoz, c’est reconnaître une exigence sans faille, le souci de ne jamais céder à la facilité.
Suivons sommairement les premières années des éditions. José Corti publie en 1938 Au château d’Argol, d’un inconnu, Julien Gracq, dont on sait qu’il restera toute sa vie fidèle à la maison ; la même année sortent les Œuvres complètes de Lautréamont, Le Géranium ovipare de Georges Fourest (du même, en 1945, La Négresse blonde ; l’un et l’autre trop ignorés aujourd’hui), Déraisons d’être de Georges Henein. Je n’ai pas retenu tous les titres. En 1939, ce seront Albert Béguin et son indispensable L’Âme romantique et le rêve, et le Lautréamont de Bachelard. De 1940 à 1945, Lewis Carroll, André Ady, Nerval, Coleridge, Valéry, William Blake, Baudelaire, La Motte-Fouqué, Walpole, René Char, José Corti, Maurice de Guérin, Gracq encore, et pour les essais Bachelard, Blanchot, Béguin, Jean Pommier, à quoi l’on ajoutera la correspondance de Claude Debussy. Ces auteurs, aujourd’hui presque tous en poche, n’étaient pas courus, loin de là, exception faite de Valéry. Cet esprit de découverte sans concession du fondateur est demeuré présent. Les publications sont maintenant partagées dans plusieurs collections, nées depuis la fin des années 1980, et l’on retient en 2007, pour ne regarder que la série "littérature étrangère", Israël Eliraz, John Muir, Wallace Stevens et Andrea Zanzotto.
On sait que la couverture de chaque livre édité porte dans sa partie inférieure une rose des vents avec en son centre J et C, au-dessus et dessous la devise Rien de commun. Devise fière d’un homme entier qui raconte dans son livre de souvenirs, Souvenirs désordonnés (désormais en 10/18) pourquoi il l’a choisie pendant l’occupation allemande. Devise à réinterpréter aujourd’hui, puisqu’elle définit assez justement la manière dont les continuateurs de José Corti comprennent leur travail d’éditeur ; citons, c’est une belle leçon :

Dès lors qu’un auteur construit une œuvre et quel que soit le résultat commercial, l’éditeur doit être ce lieu d’accueil, ce havre où l’écrivain sait qu’il sera entendu et compris, la boucle sera ainsi bouclée idéalement : l’éditeur suivant une ligne éditoriale qui permet à chaque livre d’entrer en résonance avec d’autres, l’auteur ayant une chambre d’échos à construire.

Que peut-on ajouter ? La brochure anniversaire rappelle sommairement l’histoire des éditions, décrit la naissance des diverses collections (la dernière, Les Massicotés : ce nom renvoie évidemment au fait que les livres des éditions José Corti ne sont pas massicotés – plaisir du coupe-papier !), propose le portrait d’un certain nombre d’auteurs et des photos de la librairie, 11 rue Médicis, face au Jardin du Luxembourg. Rien d’autre à souhaiter que le travail exemplaire des éditions se poursuive, comme celui d’autres éditeurs à l’écart des groupes financiers.

 

N. B. : Le carnet est offert par les libraires qui présentent le fonds des éditions José Corti.

 

Contribution de Tristan Hordé

 

À noter :
Mercredi 28 mai : Soirée Corti chez Ombres Blanches à Toulouse.
Vendredi 6 juin à 19h30 : Soirée Corti à la Librairie Massena à Nice.

 

Parutions avril-mai 2008 :
Claude Lecouteux, Elle courait le garou (Anthologie)
Thomas Carlyle, Sartor Resartus
Laurent Demanze, Encres orphelines
Emily Dickinson, Y aura-t-il pour de vrai un matin ?
Patrick Watteau, Essai d'héréticité

 

mercredi 30 avril 2008

Les Editions Jean-Michel Place, c'est fini

 

 

Les éditions Jean Michel Place, c’est fini....
Je renvoie pour toutes informations à l’article très complet, très triste et bien informé de François Bon dans son Tiers-livre.

 

Et rappelle la très grande admiration portée à la petite collection anthologique de l’éditeur dont Poezibao a présenté plusieurs opus ;
à titre d’exemples :
Paul Valet, « soleils d’insoumission », de Jacques Lacarrière
Sylvia Plath, un galop infatigable de Valérie Rouzeau
Franck Venaille, je revendique tous les droits, de François Boddaert
Pierre Jean Jouve, l'homme grave, de Franck Venaille

 

mercredi 12 mars 2008

Une collection de poésie créée par François Rannou au sein des éditions publie.net

 

 

Couv_copie François Rannou crée une collection, baptisée L’inadvertance, au sein des éditions publie.net, occasion pour Poezibao d’attirer l’attention sur cette très passionnante initiative de François Bon et d’inciter à aller visiter le site et bien sûr à télécharger des textes dans l’abondant catalogue déjà disponible. Occasion d’apprendre peut-être aussi à lire des textes de création soit sur ordinateur soit sur différents appareils mobiles.
Je me permets ici de faire part de ma propre pratique. Souvent lassée de l’écran de l’ordinateur devant lequel je passe plusieurs heures par jour et désireuse de me libérer de la présence obligée à un endroit bien déterminé, il m’arrive de télécharger des mails ou des fichiers pdf ou word sur un appareil mobile pour pouvoir le lire, hors connexion et en toute liberté, là où je suis. J’ai été étonnée de constater que ce n’est pas du tout insupportable, que cela induit même des pratiques de lecture un peu différentes, alors même que l’un des textes que j’ai téléchargés est un texte particulièrement important et, s’il n’est pas difficile, très exigeant.

 

La collection L’inadvertance
François Rannou souhaite qu’au moment où les maisons d’édition de poésie et de littérature ont de plus en plus de mal à exister sous forme « papier », puisse se créer un nouvel espace pour les poètes qui soit un lieu  de création, de réflexion, d’essais, d’expérimentations (et de collaborations aussi avec des plasticiens ou musiciens par exemple). Y seront publiés : livres inédits, livres anciens introuvables (par exemple lorsque l’éditeur a disparu), essais, réflexions… Telle sera la collection l’inadvertance.
Cette collection démarre en ce mois de mars 2008 à raison d’un titre par mois (de janvier à juillet et de septembre à décembre), soit 10 titres par an.

 

Programme de parution :
2008
François Rannou et Vanina Maestri (mars)
Jean-Luc Steinmetz (avril)
Patrick Beurard-Valdoye (mai)
Alain Hélissen (juin)
Olivier Goujat (juillet)
Marie Etienne Antoine Vitez, le roman du théâtre (septembre)
Jean-Pierre Chevais (octobre))
Jean-Gabriel Cosculluela (novembre)
Jean-Claude Schneider (décembre)

 

2009
Jean-Patrice Courtois (janvier)
Dominique Quélen (février)
Mathieu Brosseau (mars)
Anne de Staël (avril)
Thomas Augais (mai)

 

Le site de publie.net,

 

La page consacrée à la nouvelle collection L’Inadvertance

 

 

mardi 12 février 2008

Dossier spécial Carnets de Marina Tsvetaeva/3

 

 

Le lecteur qui ouvre Les Carnets aura un regard sur l’insaisissable de ce présent toujours révolu et toujours à venir qui inclut son quotidien, sa poésie, ses rencontres, bref ce maintenant qui constitue l’événement inépuisable de sa présence au monde
(Luba Jurgenson, avant-propos, Les Carnets, Éditions des Syrtes, 2008)

 

 

Marina_plaquette La publication des Carnets de Marina Tsvetaeva en français constitue un important événement éditorial.
Poezibao l’a déjà célébré au travers des deux premiers volets d’un dossier « spécial Carnets de Marina Tsvetaeva », l’un présentant le livre, ses sources, le second rendant compte d’un entretien avec Eveline Amoursky et Nadine Dubourvieux qui ont traduit Les Carnets, sous la direction de Luba Jurgenson, pour les éditions des Syrtes (attention, le livre paraît début mars).
Ce troisième volet est consacré à une note de lecture du livre (lecture faite sur épreuves).

 

 

L’unique lieu qui est le sien, le texte1
Une présentation de l’édition des Carnets de Marina Tsvétaïeva
Troisième volet, une note de lecture des Carnets

 

 

Ce n’est pas tout à fait par hasard que j’ai choisi de procéder dans cet ordre pour ce dossier et de faire précéder cette note de lecture par la présentation du très remarquable travail effectué par l’équipe de traduction et d’adaptation du livre. En effet, la lecture in extenso de ces Carnets s’est révélée parfois difficile et je vais tenter de dire pourquoi.
L’annonce de cette publication a suscité un vif intérêt chez moi. La personnalité de Marina Tsvetaeva est fascinante, sa destinée terrible, son œuvre immense. On a pu lire d’elle déjà de nombreux récits, notamment grâce à l’éditrice Clémence Hiver, mais aussi une partie de ses correspondances avec Pasternak, avec ses amies, avec Pasternak & Rilke (voir la bibliographie actualisée de Marina Tsvetaeva, pour tous les références, avec indication de tous les traducteurs et traductrices).
C’est donc avec enthousiasme que j’ai abordé cette lecture. Que j’ai choisi de faire, pour tenter de bien rendre compte de l’ensemble du livre, dans l’ordre chronologique, de la première à la dernière des 896 pages…..

 

Marina_dble_page_carnet_4_copie_3

Curieuse expérience de lecture où les points de vue contradictoires s’enchaîneront au fil du temps. Je vais tenter d’en sérier les difficultés et les joies.
- Les premiers carnets sont tenus alors que Marina Tsvetaeva a une vingtaine d’années, qu’elle est mère depuis trois mois. Ils sont constitués en très grande partie de ses émerveillements devant l’évolution de sa fille Alia, avec relevé très régulier de tous les bons mots de cette dernière. Le lecteur est décontenancé, voire agacé mais il trouve dès ce premier carnet, dans les marginalia, de très intéressants documents et une belle iconographie. Il faut préciser que chaque carnet, il y en a quinze en tous, est présenté sur une double page, photo du carnet, synthèse de son contenu et descriptif précis. En regard du carnet 2, voici par exemple un véritable petit dossier de plusieurs page consacré à la rencontre de Marina et d’Ossip Mandelstam….
A partir du troisième carnet, les notes de Marina Tsvetaeva mêlent de façon intime des réflexions, souvent très brèves, des notes autour de ses lectures et des allusions à sa vie familiale.
- Autre difficulté de la lecture, mais parfaitement compensée par les partis éditoriaux évoqués dans l’entretien avec les traductrices, une véritable valse de noms propres, tous ceux que Marina croise, ceux, vivants et morts auxquels elle s’adresse, ceux et celles qu’elle rencontre.
- Un troisième point peut susciter quelques difficultés, la relation des innombrables aventures amoureuses de Marina Tsvetaeva, qui trouvent leur écho dans ces pages, adresses à l’élu, fragments de lettres reçues ou écrites ou à écrire, etc. Mais ne s’agit-il pas ici dans « la frénésie des rencontres qui se succèdent, de traquer au sein même de la passion amoureuse, l’instant de la fin qui deviendra le point de départ de l’écriture, son lieu privilégie. Tout instant véritablement vécu – et dans Les Carnets ils le sont tous – tout instant investi d’être est toujours le dernier : Les Carnets sont un catalogue de pertes, un inventaire d’objets volés ou cassés, de livres vendus pour ne pas mourir de faim, de liens rompus, d’êtres chers disparus, de maisons détruites » (Luba Jurgenson, avant-propos).
Partout en revanche, des réflexions extraordinaires, la « traduction » de l’extraordinaire personnalité de Marina, telle que décrite toujours dans son avant propos par Luba Jurgenson, ce « "je" impérieux » qui se « fait entendre avec une intensité dévastatrice ». Et l’on comprend la suggestion de Nadine Dubourvieux, dans l’entretien : « prenez le livre au hasard et vous trouverez toujours une phrase qui va ouvrir en vous quelque chose d’étonnant ». Je peux attester de la justesse de cette préconisation pour avoir relevé nombre de phrases de longue, très longue portée, au fil de ma lecture…..
« Quand je pense à ma mort, je suis dans une profonde perplexité : où ira tout cet amour ? (Cahier 6, 1919), dit Marina ; en effet, dans ces carnets, elle déborde, d’amour, de vie, de vitalité, alors même que les circonstances extérieures sont de plus en plus éprouvantes. A cet égard les carnets de 1919 et de 1929 sont bouleversants, années terribles, de misère noire, où elle fait accepter ses deux petites filles dans un orphelinat dans l’espoir qu’elles seront un peu mieux nourries qu’à la maison et où la seconde va mourir à l’âge de trois ans.

 

On est émerveillé devant le travail effectué autour de ces carnets, tout ce jeu de photos, de textes, de notes qui loin de nuire au texte, lui donnent des échos, ouvrent des pistes, accompagnent le lecteur. Dans cette traversée parfois difficile, remuante, qui suscite une certaine ambivalence, on ne se sent pas abandonné et il faut en rendre grâce au trio des traductrices. Passionnées toutes les trois de Marina Tsvetaeva, ayant consacré une immense énergie, à la mesure de leur passion, à ses œuvres, elles ont eu à cœur de prendre le lecteur par la main. Le chemin qu’elles ont fait, elles, pour entrer dans le monde de Marina, elles le mettent au service de ce livre car elles sont parfaitement au fait de ce que Les Carnets peuvent susciter mais aussi apporter. Elles réussissent à les rendre abordables. Dans tous les sens du mot. Elles permettent au lecteur d’en retirer de très grandes richesses, littéraires et spirituelles.

Photo aimablement communiquée par les Editions des Syrtes, double page du Carnet 4

 

 


[1] Luba Jurgenson, in Marina Tsvetaeva, Les Carnets, Éditions des Syrtes, parution mars 2008

 

lundi 11 février 2008

Dossier spécial Carnets de Marina Tsvetaeva/2

Marina_avec_murr_19127_copie_2 La traduction française des Carnets de Marina Tsvetaeva est un événement éditorial et littéraire, auquel Poezibao s’associe par un dossier spécial, en trois volets.
Le premier a présenté le projet éditorial. Dans le second, publié ici, il s’agit de rendre compte d’une rencontre avec Nadine Dubourvieux et Eveline Amoursky, les traductrices qui ont travaillé à cette édition monumentale sous la houlette de Luba Jurgenson. Paraitra ensuite le troisième volet, constitué d’une note de lecture des Carnets.
Rappel important : Les Carnets paraissent seulement début mars, en même temps que le livre d’Ariadna Efron, Marina Tsvetaeva, ma mère, également publié aux Éditions des Syrtes.

 

 

 

L’unique lieu qui est le sien, le texte[1]
Une présentation de l’édition des Carnets de Marina Tsvétaïeva
Deuxième volet, rencontre avec les traductrices

 

J’ai rencontré Eveline Amoursky et Nadine Dubourvieux, dans les bureaux des Éditions des Syrtes. J’ai souhaité cette rencontre car j’avais été spontanément attirée par cette entreprise, que je pressentais de grande envergure, voire même un peu folle, d’une traduction en français des Carnets de Tsvetaeva. Et l’entretien m’a en effet permis de mesurer la passion et l’engagement nécessaires à un tel projet !

 

La formation d’un trio
Trois personnes se sont attelées à cette tâche, soit dans l’ordre chronologique de leur intervention, Eveline Amoursky, Nadine Dubourvieux et Luba Jurgenson.
Eveline Amoursky[2] a enseigné le russe et elle a réalisé plusieurs traductions pour Les Syrtes, Actes Sud et l’Age d’Homme. Elle a notamment traduit les Lettres à Anna[3] et Les Lettres du Grenier de Wilno[4].
Marina_page_manuscrite_carnet_4_c_2 Nadine Dubourvieux a étudié le russe à la Sorbonne
avec Véronique Lossky et Jacques Catteau. Elle a traduit pour les éditions Clémence Hiver Quinze lettres à Boris Pasternak, paru en 1991, puis Lettres à Anna Teskova (2002) et en collaboration avec Tzvetan Todorov, pour les éditions Robert Laffont, Vivre dans le feu, un choix de lettres et écrits intimes de Tsvetaeva, paru en 2005 et sorti en poche en janvier 2008.
Luba Jurgenson est maître de conférences de littérature russe à la Sorbonne - Paris IV, romancière et traductrice ; elle est l’auteur notamment de L'expérience concentrationnaire, est-elle indicible? (Éditions du Rocher, 2003), essai dans lequel elle mène une analyse comparative des plus grands récits littéraires sur l’univers des camps nazis et soviétiques. Elle a aussi été maître d’œuvre de l’édition intégrale des Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov (Verdier, 2003).
Lorsque les Éditions des Syrtes ont acquis les droits de traductions des Carnets, c’est Eveline Amoursky seule qui a entrepris ce travail, mais plusieurs mois plus tard elle a été rejointe par Nadine Dubourvieux, qui a pris en charge le second tome de l’édition russe. Parallèlement s’est imposée l’évidence que le texte seul des Carnets constituerait pour le lecteur français un ensemble difficile d’accès. Faire des coupes étant un choix peu satisfaisant, une autre option s’est fait jour : éclairer le texte. Tâche complexe pour laquelle Luba Jurgenson a été appelée en renfort. C’est donc sous sa direction que le travail à trois s’est mis petit à petit en place, relectures communes des traductions et surtout, pas à pas dans les Carnets, relevé puis mise en œuvre de tout ce qui pourrait aider à mieux les lire, les comprendre : notes diverses et encadrés de toutes sortes : portraits des principaux et très nombreux personnages évoqués par Marina, éclaircissements sur divers aspects de la vie en Russie, brefs extraits de la correspondance ou de certains textes de Tsvetaeva, lettres d’autres protagonistes, iconographie très développée et légendée avec soin, bref une multitude de sources complémentaires, venant enrichir et éclairer le texte même des Carnets.
Marina_avec_serguei_et_murr_pas_de_ A tous ces éléments inclus dans le fil du livre sont venues s’ajouter trois annexes importantes :
-un vaste panorama historique et littéraire de l’époque avec repères chronologiques, établi par Luba Jurgenson ;
- une chronologie de la vie de Marina Tsvetaeva, détaillée (pour les années touchées par Les Carnets) avec de menus faits parfois encore mal connus du public français.
-Un ensemble de repères biographiques permettant de resituer personnages épisodiques ou secondaires de la vie du poète
ces deux dernières annexes établies par Nadine Dubourvieux.
Sans compter l’inévitable et indispensable index général des noms.

 

Ne pas s'en tenir au biographique
Autant de clés donc pour faciliter la lecture puisque tous ces faits jouent ici un rôle fondamental et que s’il n’en connaissait rien, le lecteur pourrait avoir l’impression de lire une succession d'anecdotes plus ou moins intéressantes, croustillantes ou encore sordides.Il faut aussi rappeler l’extrême complexité de la personnalité de Marina Tsvetaeva, complexité telle que Nadine Dubourvieux constate qu’après vingt années passées en sa compagnie et dans l’intimité de son écriture, il y a des aspects qui lui échappent encore.
Les indications fournies sur le contexte historique et social sont utiles aussi pour mieux appréhender certains aspects du comportement de Marina, cette liberté dont elle fait preuve dans ses incessantes rencontres amoureuses, à mettre en regard du chamboulement des mœurs induit par la guerre et la révolution.
Nadine Dubourvieux et Eveline Amoursky suggèrent qu’on a jusqu’ici beaucoup trop approché Marina sous l’angle du biographique. Et qu’il serait dommage que Les Carnets soient appréhendés uniquement sous cet aspect, alors qu’ils vont bien au-delà, qu’ils sont le lieu des expériences du vivre-écrire de Tsvetaeva, que dans ces pages sont nés nombre de textes, rapportées tant de rencontres fondamentales, inscrites des lectures importantes, relatés des faits significatifs, etc. Les Carnets permettent aussi de saisir l’évolution fulgurante de Marina, depuis la toute jeune fille, souvent futile, qui commence à les tenir vers l’âge de vingt ans, en 1912, alors que sa première fille a trois mois, jusqu’à l’écrivain en pleine possession de ses moyens, traitant d’égale à égal avec Heine, Casanova, le Prince de Ligne, Goethe pour les morts mais aussi tant et tant de contemporains, parmi les plus grands.

 

Comment lire les Carnets
Pour clore cet entretien, j’ai demandé à chacune des deux traductrices de me dire comment selon elles, il fallait lire ces Carnets. Nadine Dubourvieux préconise plutôt une lecture au coup par coup, les prendre « matin et soir », dit-elle, lire une phrase « et cette phrase va ouvrir dans votre vie quelque chose d’étonnant ». Eveline Amoursky ne prône pas non plus forcément la lecture linéaire, mais elle souligne que seule celle-ci permet de voir comment une « chrysalide insouciante » devient ce qu’est devenue la vraie Tsvetaeva en un laps de temps très court et de se poser la question fondamentale de la part de l’Histoire dans son histoire.

 

A venir, une note de lecture détaillée des Carnets

Photos aimablement communiquées par les Editions des Syrtes, de haut en bas, Marina avec son fils Murr, page manuscrite du Carnet 4 et Marina avec son mari Sergueï et son fils Murr.

 

 



[1] Luba Jurgenson, in Marina Tsvetaeva, Les Carnets, Éditions des Syrtes, parution mars 2008
[2] Eveline Amoursky a réalisé un site sur Marina Tsvetaeva avec notamment une très intéressante iconographie
[3] Lettres à Anna, trad. E. Amoursky, Syrtes, 2003
[4] Lettres du Grenier de Wilno, Trad. E. Amoursky, Syrtes, 2004

 

 

vendredi 08 février 2008

Dossier spécial Carnets de Marina Tsvetaeva/1

Marina_plaquette_2 Un important événement éditorial s’annonce : la publication par les Éditions des Syrtes de l’intégrale des Carnets de Marina Tsvetaeva, travail de grande envergure qui a requis les efforts passionnés de pas moins de trois personnes, Luba Jurgenson, responsable de la publication, Nadine Dubourvieux et Eveline Amoursky, traductrices.
A cette occasion, Poezibao présente un dossier « spécial Carnets de Marina Tsvetaeva ».
Il comportera :
•une présentation des Carnets et de leur édition en français (ci-dessous)
•une interview des traductrices
•une note de lecture.
L’ensemble sera illustré de plusieurs reproductions des carnets, couvertures, ou pages du carnet et de photos.
Attention : sortie du livre début mars

 

 

L’unique lieu qui est le sien, le texte[1]
Une présentation de l’édition des Carnets de Marina Tsvetaeva

 

Marina_portrait_2 Petit à petit l’œuvre de Marina Tsvetaeva est publiée en France, permettant aux lecteurs de mieux comprendre son importance et son ampleur. Il faut signaler ici tout particulièrement les efforts de deux maisons d’édition, Clémence Hiver et Les Éditions des Syrtes[2].
Ces dernières frappent un très grand coup en mettant à la disposition de tous Les Carnets de Marina, en un très fort volume de près de 900 pages qui est aussi un modèle d’édition (je vais y revenir en détail). Pour un état des publications, en français, je renvoie à la bio-bibliographie de Marina Tsvetaeva qui est disponible sur le site et que je viens de mettre à jour.

 

Marina_carnet_rouge_2 15 carnets
C’est à Ariadna Efron[3] que l’on doit le sauvetage des archives de sa mère. De 1955 à sa mort en 1975, elle s’est consacrée à la tâche de rassembler l’héritage manuscrit, lequel sera déposé aux Archives d’État de littérature et d’art de Moscou et restera, selon la volonté d’Ariadna, incommunicable jusqu’en 2000.
A partir de cette date, archives ouvertes donc et publication par Elena Korkina et M. Kroutikova des cahiers de création, correspondances, journaux et carnets de notes. La transcription des Carnets donne lieu à l’édition en russe de deux volumes sous le titre Neizdannoe. Zapisnye knijki v dvoukh tomakh. Tom pervyï, 1913-1919. Tom vtoroï, 1919-1939.
Ce sont ces deux volumes qui sont aujourd’hui traduits et présentés en France par les Éditions des Syrtes. Publiés sous la direction de Luba Jurgenson, traduits du russe et annotés par Eveline Amoursky et Nadine Dubourvieux, avec un avant-propos de Luba Jurgenson, une préface de Caroline Béranger et une postface de Véronique Lossky.
Au nombre de 15, les Carnets couvrent la période 1913 à 1939 (Marina est née en 1892 et s’est pendue en 1941). Ils retracent en filigrane la genèse de l’œuvre littéraire et constituent souvent le matériau dont Marina se sert pour écrire.

 

Marina_carnet_manuscrit_2 Le livre
Ce qu’il importe sans doute de souligner tout particulièrement, c’est le parti éditorial adopté par l’équipe conduite par Luba Jurgenson. Car si l’on dispose bien ici de la traduction intégrale des Carnets de Marina, le texte en est accompagné d’un superbe ensemble de photos, de reproductions de pages de carnets, de documents de toutes sortes, grâce notamment à une belle collaboration avec les Archives russes de littérature et d’art. De plus les réalisatrices de ce très beau livre ont eu le souci d’éclairer tout le contexte de ces notes et notations de M. Tsvetaeva, dont elles démontrent à quel point il est essentiel dans la compréhension non seulement des Carnets mais de la personnalité même de Marina et de son évolution (voir leur interview, à paraître sous peu sur le site). Cela se traduit par des notes de bas de pages, mais aussi par de substantiels encadrés sur tel ou tel aspect de la vie ou des usages en Russie (où la plupart des Carnets ont été rédigés). Sont présentés aussi les principaux  et très nombreux personnages évoqués dans ces pages. En fin de livre, trois annexes importantes, une chronologie détaillée, totalement inédite en français, de la vie de Marina, une chronologie historique de l’époque et un index des personnages cités qui ne font pas l’objet d’une note plus détaillée dans le fil des pages.

 

A suivre par l’interview des traductrices et la note de lecture du livre

 

 


[1] Luba Jurgenson, in Marina Tsvetaeva, Les Carnets, Éditions des Syrtes, parution mars 2008

[2] Les Éditions des Syrtes ont déjà publié, Lettres à Anna, traduction Eveline Amoursky, Lettres du Grenier de Vilno, traduction Eveline Amoursky, Cet été-là, correspondance Marian Tsvetaeva/Nicolas Gronski, traduction Chantal Houlon Crespel et Marina Tsvetaeva/Boris Pasternak, Correspondance, traduction Eveline Amoursky et Luba Jurgenson.

[3] Les Éditions des Syrtes publient en même temps que les Carnets, un livre d’Ariadna Efron, Marina Tsvetaeva, ma mère. Ariadna Efron (1912-1975) est la fille aînée de Marina, qui aura deux autres enfants, Irina, morte en bas âge (1917-1920) et Murr, né en février 1925 et mort en 1944.

 

 

L'actualité des éditions le Bleu du Ciel (autour d'Huguette Champroux et de Michel Deguy)

France Culture dans Surpris par la Nuit
« Reconnaissances à Huguette Champroux »
à propos de l'anthologie OFF
publiée aux éditions Le bleu du ciel /réunie et présentée par Christophe Marchand-Kiss

 

le vendredi 8 février à 22h15, par Mathieu Bénézet

 

• L'émission
"Reconnaissances à Huguette Champroux", de 22h15 à 23h30
avec les invités:
Christophe Marchand-Kiss, poète et écrivain, Pierre Courtaud, fondateur des éditions La Main courante, Geneviève Huttin, poète et écrivain, Emmanuel Miéville, fils d'Huguette Champroux.

 

"Huguette Champroux (1931-2003) a de son vivant publié des petits livres, autrement dit des sortes de plaquettes, une dizaine à peu près, distillées ou achetées par de rares amateurs. L’histoire littéraire est parfois cruelle, il lui arrive d’effacer des noms d’écrivains qui furent au zénith de la popularité à leur époque, plus rarement il lui arrive, a contrario, de rendre justice à une œuvre qui reçut peu d’échos lors de sa naissance et de sa diffusion. On l’aura compris : c’est le cas aujourd’hui pour Huguette Champroux. Si notre auteur, à l’exemple de Raymond Roussel, a saigné sur chaque phrase, elle côtoie de grands noms, telle Gertrude Stein. C’est dire à quel sommet il faut s’attendre, une écriture au fil du rasoir, proche du cinéma et de la création radiophonique. Une grâce, une beauté, une écriture qui se situe au centre vital de nos existences."
Mathieu Bénézet.

 

•Le Livre
350 pages  ISBN 978-2-915232-44-8   20 euros

« Ainsi était-elle, volontaire et téméraire, saignant comme Raymond Roussel sur chaque phrase, ne laissant de place aux lettres du Blanc que pour donner plus de force et de résistance à son pas ; à sa voix, à sa démarche de créatrice absolue. »
Extrait de l’avant-propos de Pierre Courtaud (éd. La main courante)

 

Huguette Champroux, née en 1931, poète, auteur de fictions pour France-Culture, nous a quittés en 2003. Cet ouvrage, qui vient combattre une grande et très flagrante injustice littéraire, se compose de recueils publiés du vivant de l’auteur, recueils très souvent dispersés, voire introuvables. Il rassemble aussi de nombreux textes et poèmes inédits. Il souhaite donner à Huguette Champroux cette place de grand écrivain qu’elle mérite à plus d’un titre.

 

off [donc], comme au cinéma, et comme sa voix à la radio. [Une voix, une écriture] économes, mais d’une économie particulière que l’on pourrait qualifier d’économie proliférante. Huguette Champroux prélève dans la réalité des morceaux, que ce soit une description, une pensée, une bribe d’existence quotidienne, qu’elle façonne, travaille, et qui viennent, avec d’autres morceaux, s’ordonner sur la page, souvent séparés par des blancs, qui sont de longues et lentes respirations (...). Mais ne cherchons pas les signaux, laissons-les à leur vie de signaux. Il n’y a que de l’écriture.
Christ. Marchand-Kiss

 

 

& en mars
France culture invite en mars, deux fois dans la même semaine Michel Deguy  pour la parution du Grand Cahier Michel Deguy

les émissions
•Surpris par la nuit : lundi 3 mars, à 22h15, "Raison de plus avec Michel Deguy"
Par Alain Veinstein
Entretien avec l’auteur à l’occasion de la parution du Grand cahier Michel Deguy (éd. Le bleu du ciel, ouvrage coordonné par Jean-Pierre Moussaron), de Réouverture après travaux (éd. Galilée, Coll. Lignes fictives, oct. 2007), et de Michel Deguy, l'allégresse pensive (éd. Belin, Coll. L'extrême contemporain, nov. 2007).

 

•Surpris par la nuit : vendredi 7 mars, à 22h15, "Comme par hasard"

Qu’en est-il aujourd’hui du hasard – des multiples manières dont il est sollicité – dans les divers domaines de création (...) ? Il fut une époque, pas si lointaine, où le hasard était maître, au nom de la nécessité de ne pas tout maîtriser (jeux en aveugle, combinatoire, cadavres exquis, cut-ups, usage du “I Ching”…). L’œuvre devait être ouverte, labyrinthique, semée de pièges, de trappes. Était-ce un phénomène de mode ou une vérité profonde de l’écriture, à savoir que la volonté de faire, de dire, d’exprimer, ne suffit pas – que si le hasard n’intervient pas quelque part, à un moment où à un autre, les choses ne fonctionnent pas ?
avec Michel Deguy, Emmanuel Guibert (dessinateur), etc.


Le Livre et son auteur :
350 pages  30 euros    ISBN 978-2-915232-46-2

 

Michel Deguy, poète, philosophe, inlassable animateur de revues, penseur curieux de tous les livres, a accompagné de son écriture les différentes aventures intellectuelles qui, depuis les années 1960, ont marqué la France et le monde. Ce cahier est constitué de nombreuses interventions inédites où se mêlent l’œuvre, la critique et les amitiés de l’auteur (Barthes, Derrida, Quignard, Pontévia, Des Forêts…), se déroulant autour d’un cortège de textes critiques sur Aragon, Cocteau, Proust, Lyotard, de Campos, Iommi, Pessoa, Auster... S’ensuit les portraits que dressent de Michel Deguy d’autres écrivains tels que Wilson Baldridge, Yves Charnet, Claude Mouchard, Jean-Luc Nancy et Jean-Pierre Moussaron - qui a coordonné ce cahier -.

Né en 1930 à Paris, Michel Deguy a enseigné la philosophie jusqu’en 1968 puis, la littérature française à l’université de Paris VIII. Il a appartenu au comité de lecture de Gallimard entre 1962 et 1987, puis a présidé de 1990 à 1992, le collège international de Philosophie dont il est membre. Rédacteur en chef de la revue Po&sie depuis 1977, il participe aux revues Critique et Les Temps modernes et a reçu le Grand Prix National de poésie en 1989.

 

Le bleu du ciel
BP 38
33230 Coutras
T. 05 57 48 09 04
fax : 05 57 48 39 43
[email protected]

vendredi 07 décembre 2007

La rivière échappée, nouveau cours

Suivez le cours de……..La Rivière échappée…

 

La collection de poésie La Rivière échappée est reconnue pour la qualité de son travail. Depuis 20 ans (l’automne 2008 sera un bel anniversaire !), elle donne à lire poètes confirmés et jeunes auteurs (certains y publient même leur premier livre) français et étrangers, avec toujours un esprit d’ouverture « en même temps que son exigence à interroger le fait poétique » (in Dictionnaire de Poésie de Baudelaire à nos jours, sous la direction de Michel Jarrety, PUF, 2001).
Nous voudrions développer notre projet éditorial en proposant aux lecteurs une formule nouvelle qui leur permette de découvrir la poésie contemporaine de manière privilégiée tout en encourageant un esprit certain de résistance aux pressions économiques et culturelles qui tendent à marginaliser la poésie.
Nous aimerions aussi réconcilier les poètes et les lecteurs (sans renoncer à l’exigence que requiert la poésie) en donnant à ces derniers quelques clés de lecture pour aborder des oeuvres souvent abruptes, en leur présentant l’itinéraire des écrivains qui sont publiés (par des entretiens, notamment), en leur permettant de « sponsoriser » un livre de leur choix (leur nom sera inscrit à la fin de l’ouvrage), enfin, en offrant à chaque abonné la possibilité de recevoir, dès leur parution, les livres dédicacés.
La collection est dorénavant hébergée par les éditions L’Act Mem (Henri Poncet éditeur) qui la diffuseront sous leur « enseigne » dans toutes les bonnes librairies.

 

Dans cette collection, seront publiés cette année :

 

en mars 2008 :
•Dominique Quélen : Comme quoi
L’auteur vit dans le nord de la France. Ce livre est en quelque sorte le troisième tome* d’une oeuvre qui a frappé tout de suite par son originalité, sa façon particulière de tout mettre à nu, surtout la poésie, par ses célibataires appliqués. C’est un texte qui dessine une désillusion nette sur le monde et les paroles qui construisent notre réel. Désillusion au sens propre.
* Après Petites formes et Sports, chez Apogée.
« Ce sont à chaque fois des énigmes qui commencent et finissent de la même façon : un bout de phrase parce qu’on les prend en route, une absence de point final pour signifier que ça se prolonge. Des énigmes d’une dizaine de lignes, dont chacune ne dépasse guère la dizaine de syllabes, et où l’on retrouve d’une manière récurrente, une parenthèse avec une phrase en italique et quelques signes de ponctuation, qui se déplace comme la bulle d’air qui provoque l’embolie. Le tout évitant que l’écriture soit contaminée par les tics de la versification ou du discours ».
Gérard Noiret, article paru dans la « Quinzaine littéraire »

 

•Cid Corman : Vivremourir, précédé de Lieu
Cid Corman est né le 29 juin 1924 à Roxbury, près de Boston, Massachusetts, USA. Il est mort le 12 mars 2004 à Kyoto, où il habitait depuis1958.
« Cid Corman était d’abord un poète, son oeuvre maîtresse est OF, un ensemble de cinq volumes, chacun composé de cinq parties, dont les trois premiers volumes sont parus sous une couverture de Sam Francis. Il a été aussi l’éditeur d’Origin, revue essentielle de la poésie moderniste américaine. Et il n’a cessé de traduire, du japonais, de l’italien et du français. Notamment Francis Ponge (Things paraît simultanément chez Mushinsha à Tokyo et Grossman à New York en 1971), René Char, Philippe Jaccottet, Jean-Paul de Dadelsen, André du Bouchet, Jean Daive, Claude Royet-Journoud… Danielle Collobert lui a dédié Il donc. Ce poète américain a, entre autres, joué un rôle pionnier dans la re-création d’une poésie orale, improvisée. » Laurent Grisel

 

en automne 2008 :
•Olivier Goujat : Cerne
Ce sera ici le premier livre publié d’un auteur qui d’emblée affirme un espace, une parole où l’autobiographie est traversée pour aboutir à une beauté mate, qui découvre comme l’intimité de notre rapport à la langue…maternelle — toujours tout autre, inconnue comme l’approche de ces êtres qui naissent et laissent sans mots. Il y a une lente approche de l’intérieur d’un temps où le poème pourrait trouver sa vraie nécessité.

 

•François Rannou : contretemps paradist
(avec un cd de lecture, musique d’Aurélien Dumont)
« François Rannou poursuit une expérience singulière en ce qu’elle semble arracher le poème à ses périmètres coutumiers pour lui donner une sorte de volumétrie, de spatialisation débordant la page. La page, en tout cas, n’a plus de sens unique et l’oeil est appelé à y circuler selon les virtualités d’une chorégraphie verbale. » Jean-Baptiste Para
« Il y a (et c’est venu du plus lointain de Lévinas), il y a quelque chose qui coule de source, remonte le temps et nous arrive, autrement que dans le cours ou dans la course du temps. C’est bien une autre nature qui ici se dit, et nous parle librement de cette liberté même. » Didier Cahen

détails pratiques en cliquant sur suite de, ci-dessous

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jeudi 18 octobre 2007

Le site de Voix éditions

Voix_editions Parmi les sites d’éditeur, une mention spéciale à celui de Voix éditions que dirige Richard Meir, éditeur et plasticien.

Je signale tout particulièrement la belle galerie de portraits d’écrivains parmi lesquels Charles Pennequin, Julien Blaine, Michel Butor, Jacques Demarcq, Serge Pey, Véronique Vassiliou et bien d’autres. J’invite aussi à visiter le catalogue Poésie qui permettra de prendre la mesure de l’importance de cette « petite » maison.

vendredi 31 août 2007

Henri Poncet rebondit et crée l'Act Mem, maison d'édition et Passages à l'Act, une revue

Henri Poncet et son équipe ont le plaisir d’annoncer la création d'une toute nouvelle maison d'édition L'ACT MEM, qui prend la suite des Editions Comp'Act, lesquelles existaient depuis plus de vingt ans.

L'ACT MEM va se consacrer essentiellement à l'édition de littérature de création - poésie, théâtre, prose contemporaine -, la traduction, les livres d'art et les beaux-livres, et bien sûr la collection la Bibliothèque Volante, consacrée à l'Antiquité gréco-latine et à la Renaissance.
L'éditeur reprend à son actif une grande partie du catalogue Comp'Act (200 titres).
Il s'agit du Fonds Comp'Act.

L'ACT MEM poursuit également le travail de Comp'Act par la création d'une nouvelle revue Passages à l'Act, qui remplace La Polygraphe, et qui sera diffusée simultanément sous forme papier et sur Internet.

Le volume 1-2 de Passages à l'Act vient de paraître (21x30 cm, 132 pages). A découvrir ici

 

Revue littéraire dirigée par Henri Poncet
et publiée par L'ACT MEM
167 quai Borel - 73000 Chambéry
lactmem.com

mercredi 13 juin 2007

Une nouvelle maison d'édition, La Dame d'Onze heures

Après avoir relayé ces derniers temps tant de mauvaises nouvelles concernant des maisons d’édition, je suis heureuse de pouvoir annoncer la naissance de La Dame d’ onze heures, maison créée par Isabelle Raviolo, déjà bien connue pour ses travaux poétiques et picturaux et pour l’exigeante revue Thauma, poésie et philosophie qu’elle a créée il y a peu.
Le premier livre à paraître s’intitule Hommage à Poe, il est signé Aurélie Loiseleur que l’on a déjà pu lire dans la revue Thauma.
Isabelle Raviolo a parallèlement crée une association, toujours sous le nom La Dame d’Onze heures, association qui a pour but de promouvoir la poésie en aidant la diffusion des recueils de jeunes poètes et à l’élaboration de manifestations (spectacles, lectures, éditions…) autour de leur travail (adresse de l'association : 28 rue Beaubourg, 75003 Paris)

Une vente du livre d'Aurélie Loiseleur,
Hommage à Poe , aura lieu lors d’un concert à l’École Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, Paris 5e, Salle des Actes, le jeudi 14 juin 2007 à 20h30, avec des œuvres de Hyacinthe Jadin, Claude Debussy, Patrick Loiseleur, Max Bruch, Mozart, Felix Mendelssohn

samedi 02 juin 2007

Un appel de la maison d’édition Æncrages & Co après un incendie ravageur.

Je publie bien volontiers ce texte qui m’a été transmis par Fabienne Courtade. Je suis consciente que les appels à soutien se multiplient, ce qui reflète hélas les très grandes difficultés de la « petite » édition et sa fragilité. Mais c’est aussi la mission de Poezibao que de tenir les lecteurs de poésie informés de tous les aléas de la vie éditoriale.
FT

Æncrages & Co - transition phœnix

 

La maison d’édition artisanale Æncrages & Co, installée à Baume-les-Dames depuis octobre 2004, vient de subir un sinistre grave. Un incendie venu d'une entreprise voisine a tout ruiné : le feu n'a épargné ni le stock de papier pur chiffon, ni les linotypes, caractère mobiles et presses typo, ni, bien évidemment nos stocks de livres d'artistes. Tout ce qui faisait le caractère artisanal de notre maison d'édition a été anéanti mercredi 30 mai dernier.
Du tas de cendres nous avons prélevé quelques fragments, comme des archéologues, ultimes traces de notre travail.

 

Mais nous avons une très forte envie de renaître, de retrouver notre passion du livre. La ville de Baume-les-Dames nous a déjà trouvé un local comparable à celui qu'elle nous avait prêté. Les collectivités locales et régionales, nos partenaires nous encouragent à reprendre notre activité culturelle au service de la littérature et de l'art contemporain. Nous avons à coeur de réaliser les projets pour lesquels nous nous étions engagés récemment : marché de la poésie à Paris, salon du livre d'artiste à Ornans ou encore salon du livre de Thionville.
Il est évident que l'activité éditoriale va être perturbée pendant quelques mois et que la situation financière sera difficile. C'est pourquoi nous allons faire appel à nos partenaires habituels pour une aide exceptionnelle, mais nous sollicitons également tous ceux qui sont sensibles à notre travail, en leur demandant de devenir adhérent solidaire de l’association ÆNCRAGES & CO, grâce au règlement d’une cotisation exceptionnelle de 20 euros minimum, envoyé à notre adresse habituelle (chèque libellé à l’ordre d’Æncrages & Co ; un reçu sera ensuite adressé à chacun ; n’oubliez pas de mentionner vos coordonnées postales) :

 

Æncrages & Co, 6 rue Ernest Nicolas, 25110 Baume-les-Dames

N'hésitez pas à nous contacter directement par téléphone (numéro de crise : Simon Pasquier : 06 72 63 69 29), concernant des dons en nature ou des pistes pour du matériel d'imprimerie traditionnel.
Nous ne manquerons pas de vous informer de nos activités dès que nous serons de nouveau opérationnels. Nous vous remercions par avance de votre soutien.

vendredi 25 mai 2007

Les Editions Potentille, avec Ludovic Degroote, Marcel Migozzi, Roger Lahu, Evelyne Morin

Les éditions Potentille ont vu le jour en 2007. Réconfortant en ces temps où les mauvaises nouvelles affluent de voir que de jeunes maisons d’édition continuent de naître. Le concept me semble bien pensé. Anne Belleveaux a choisi d’éditer des livrets au format 13 x 18 de 32 pages, ce qui représente environ 20 pages de texte. Elle dit apprécier « les écritures sobres, voire dépouillées, mais aussi certains lyrismes ».

Mais comme toujours le mieux est de regarder du côté du catalogue qui propose déjà Marcel Migozzi, Vers les fermes, ça fume encore, Ludovic Degroote, si mal enfouis et qui annonce Roger Lahu, Des pas dans la neige (sans neige) et Evelyne Morin, rouge à l’âme.

Les parutions à venir sont en souscription (5,50 €), les livres parus à 7 € frais de port compris, paiement par chèque à l’ordre de l’Association « Comme ça et autrement », Éditions Potentille, 2 rue du Platane, 58160 La Fermeté.

dimanche 20 mai 2007

Il faut soutenir l'éditeur Le Temps qu'il fait

Je publie cet appel de l’éditeur Le Temps qu’il fait et j’incite tous ceux qui le peuvent à consulter leur (magnifique) catalogue et si possible à les soutenir en achetant un ou des livres.

 

Quelques années après l'incendie de l'entrepôt de notre distributeur Les Belles Lettres qui nous avait valu un formidable élan de solidarité, Le temps qu'il fait est à nouveau en grande difficulté.
Nous traversons en effet une tempête sans précédent, dont nous craignons fort qu'elle nous soit fatale : après notre changement de distributeur à l'automne, nous avons été contraints l'hiver dernier de renoncer aux activités de l'imprimerie et, comble de malchance, nous enregistrons chez notre nouveau distributeur CDE/SODIS un taux de retour record, auquel notre petite économie ne saurait survivre bien longtemps.
Après bien des hésitations liées à notre désir de réserve et surtout à notre volonté farouche de tout tenter pour trouver les solutions dans notre travail d'abord, nous nous décidons à vous informer de ces difficultés et à venir une nouvelle fois vous demander votre soutien.
Bien sûr, la meilleure aide que vous puissiez nous apporter consiste avant tout à acheter les livres du Temps qu'il fait, pour vous, vos parents, vos amis
Nous joignons pour cela un catalogue complet en pdf, tirages de tête compris, dont vous pouvez voir les images sur notre site Internet.
En vous remerciant d'avance de votre amitié et de votre fidélité.
Georges Monti - Marie Claude Rossard

Éd. Le temps qu'il fait
31, rue de Segonzac
16121 Cognac Cedex

Télécharger le catalogue de l'éditeur
site internet : http://www.Letempsquilfait.com

jeudi 10 mai 2007

L’édition indépendante en librairie

En accord avec six libraires du département :
Livresque et La Carline (Forcalquier), Le Poivre d’Âne et Le Petit Pois (Manosque), L’Arbousier (Oraison) et La Ruelle (Digne) et deux points de vente alternatifs, la boutique de HB éditions et la librairie itinérante Au fil du Temps (Forcalquier), les fonds de certains des éditeurs indépendants sont mis en valeur
durant le mois de mai et juin 2007.

 

Mai et juin 2007
Les éditions Agone à la librairie L’Arbousier (Oraison)
Les éditions de l’Atelier du gué à la boutique des éditions HB (Forcalquier)
Cheyne éditeur à la librairie Livresque (Forcalquier)
La coopérative de diffusion Co-errances
les éditions La Fabrique et Liana Levi (pour les livres d’André Schiffrin)
à la librairie La Carline (Forcalquier)
Les éditions Parenthèses à la librairie Le Poivre d’Âne (Manosque)
Le Sablier et L’École des loisirs à la librairie Le Petit Pois (Manosque)
Le Sansonnet éditeur à la librairie Au fil du temps (Forcalquier)
Les éditions Vents d’ailleurs à la librairie La Ruelle (Digne)

 

Les livres sont présentés au public par la librairie éphémère à Lurs pendant les Rencontres de l'édition indépendante le jeudi 31 mai et le vendredi 1er juin (matin) et à Forcalquier pour les Apéros du livre le vendredi 1er (soir) et le samedi 2 juin...

 

Éditer en haute Provence
Groupements d'éditeurs
BP 64 - Le Grand Carré
04300 Forcalquier

samedi 28 avril 2007

17 poètes français contemporains traduits en chinois

Esquive – Escale – Esquille

 

Anthologie de
Poésie française contemporaine
bilingue français-chinois

 

Danielle Collobert – Annie Zadek
Antoine Volodine – Odile Masse
Marie Rousset– Patrick Bouvet
Olivier Domerg – Christophe Tarkos
Pascale Petit – Jérôme Mauche
Eric Giraud – Sophie Loizeau
Emmanuelle Pireyre – Jean Lewinski
Jérôme Game – Albane Gelle – Virginie Lalucq
soit 17 écrivains français nés entre 1940 et 1975

Présentation par Jean Lewinski
Preface du Prof. Yung Manhan
Ouvrage complété par un Répertoire Internet comportant plus de 380 ressources commentées sur les Revues, les Éditeurs et d'autres organismes culturels de France et du monde chinois et une bibliographie sur la Poesie contemporaine française 1974-2004.
Sous la direction de :
Jean Lewinski
Traduction en chinois sous la direction de :
Esther Lin-Rosolato
Ouvrage traduit en chinois par :
Yung Manhan, Wu Hsi-Deh, Shum Wingfong
et Esther Lin-Rosolato

Prix de vente de "Esquive" (commandes de France (ou d'ailleurs, hors Taiwan) :
Pour 1 exemplaire : 1300 NDT/New Dollar Taiwan ( environ 28,80 € ) pour frais d'envoi compris (les frais d'envoi depuis Taïwan sont très élevés)

Commande à faire directement chez l'éditeur :
Mr. LAI
LAUREATE BOOK
2F., No.46
Sec. 3 Beixin Rd.
Xindian City, 231
Taipei TAIWAN

Site Web : http://laureate.com.tw (en chinois, site en train d'être rénové)

vendredi 16 mars 2007

Edition, une bonne et une mauvaise nouvelle

Une bonne et une mauvaise nouvelle dans le domaine éditorial. La bonne, la revue Lignes renaît et proposera en mai un numéro sur Philippe Lacoue-Labarthe (voir ci-dessous la lettre de Michel Surya et les bulletins de soutien et d’abonnement).

La mauvaise, une nouvelle fois une maison d’édition dépose le bilan, il s’agit de l’Esprit des Péninsules.
FT

Une lettre de Michel Surya
Chers lecteurs et amis,
À la fin de l’année 2006, Lignes a traversé des difficultés telles que nous avons un moment craint sa disparition pure et simple. Les démarches entreprises auprès des maisons existantes n’ayant pas abouti, nous avons décidé de fonder une maison d’édition : les « Nouvelles Éditions Lignes ». Celles-ci poursuivront la publication de la revue, dont nous fêterons cette année le vingtième anniversaire, et celle de la collection, née dans son sillage il y a cinq ans. N’étant liée à aucun groupe d’édition, cette maison ne devra compter que sur ses propres moyens.
La situation économique et éditoriale ne plaide guère dans le sens d’une telle entreprise : si ce n’est pas toute l’édition qui va mal, nul ne doute plus que l’édition de création ou de recherche (celle dite des « ouvrages de fonds ») soit réellement menacée. Nous sommes cependant plus que jamais résolus de continuer à porter l’affirmation d’écritures et de pensées rares, intempestives, irrégulières, résistantes ; en un mot, non domestiquées par l’opinion et le marché. Mais nous ne pouvons prétendre y parvenir sans votre aide. Cette aide peut d’abord prendre la forme d’un abonnement à la revue. Le prochain numéro (22), à paraître en mai, sera consacré à Philippe Lacoue-Labarthe. Le suivant (double numéro 23/24) paraîtra en novembre. En guise de numéro anniversaire, il reviendra sur les vingt années politiques écoulées depuis 1987, année de création de la revue.
Pour soutenir l’équilibre général de notre projet (revue + livres) nous avons constitué, en plus des Éditions, l’« Association des amis de Lignes », qui a vocation à réunir des volontés, des énergies... et des fonds. Nous invitons ceux qui le souhaitent à y adhérer, soit au titre de « membre adhérent » soit au titre de « membre bienfaiteur ». Les uns comme les autres seront régulièrement informés de nos publications et des initiatives de l’association. Le bulletin d’abonnement et d’adhésion est joint à ce courrier. Nous vous prions de le remplir avec soin et de nous le retourner par courrier, en précisant bien, si possible, votre adresse de messagerie électronique : nos correspondances futures s’en trouveront ainsi facilitées.
En vous remerciant pour votre active fidélité,
Amicalement,
Michel Surya & nouvelles éditions lignes

85, rue de la Fontaine-au-Roi 75011 Paris

Comité de soutien
Alain Badiou Étienne Balibar Daniel Bensaïd Fethi Benslama Alain Brossat Esther Cohen Martin Crowley Jean-Paul Curnier Georges Didi-Huberman Jean-Paul Dollé Jacques Dupin Marc Goldschmit Robert Harvey Mehdi Belhaj Kacem Philippe Lacoue-Labarthe (À) Claude Louis-Combet Jean-Luc Nancy Bernard Noël Mario Perniola Christian Prigent Jacqueline Risset Jacob Rogozinski Elisabeth Roudinesco Enzo Traverso Daniel Wilhem
www.editions-lignes.com [email protected]

bulletin d'adhésion et d'abonnement en cliquant sur le lien ci-dessous

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mardi 02 janvier 2007

Verdier, une nouvelle collection de poche (présentation de Tristan Hordé)

02_verdier_michon_1 La collection de poche des éditions Verdier se distingue de ce qu’offre ce marché particulier du livre. Elle comprend en effet, pour l’essentiel, des œuvres considérées, à tort selon nous, "difficiles", et une proportion importante d’inédits : traductions, ensembles complets de poèmes d’un auteur, essais sur la poésie ou sur l’œuvre d’un poète. On avait pu lire les traductions précises et commentées de Bashô par René Sieffert, aux Presses orientalistes de France ; on en retrouvera ici la fraîcheur. On a lu ici même (bio-bibliographie et un extrait) Benjamin Fondane, poète et essayiste trop mal connu. Beaucoup pourront découvrir le lyrisme persan du XIVe siècle avec Le Divân (Hâfez de Chiraz) ou celui, plus proche de nous, de Hofmannsthal, ou encore l’admirable L’Âme de la vie (Rabbi Haïm de Volozine) traduit de l’hébreu. On appréciera également, avec Parménide, de l’étant au monde, une leçon de lecture 02_fondaneà l’écart des idées reçues, celle de Jean Bollack qui poursuit son travail de réévaluation de la pensée et de la littérature grecques. Bref extrait de l’introduction :

« Si la lecture critique tient un rôle essentiel, c’est d’abord que le poème s’est écrit d’une certaine façon, pour être lu de cette façon-là. L’écrit répond à une attente, et la suscite. Ce n’est pas seulement la communication d’un savoir, mais une initiation poétique, qui, pour libre et éclairée qu’elle soit, reproduit, dans leur style, les pratiques religieuses dont elle s’est détachée. Mais la poésie ne retraduit aucune pensée ; c’est plutôt la pensée qui se dégage de la poésie. » (p. 15)

 
02_meschonnicTitres déjà publiés : 

Hâfez de Chiraz, Le Divân, traduction du persan et commentaires de Charles-Henri de Fouchécour. (inédit)
Rabbi Haïm de Volozine, L’Âme de la vie, traduction de l’hébreu et commentaires de Benjamin Gross, préface d’Emmanuel Lévinas.
Henri Meschonnic, Célébration de la poésie.
Gianni Stuparitch, L’Île.
Jean Bollack, Parménide. (inédit)
Josy Eisenberg, Adin Steinsaltz, Le Chandelier d’or.
Bashô, Friches, traduction du japonais et commentaires de René Sieffert.
Hugo von Hofmannsthal, Le Lien d’ombre, traduction de l’allemand de Jean-Yves Masson, édition bilingue. (inédit)
Jean-Yves Masson,  Hofmannsthal, renoncement et métamorphoses. (inédit)
Benja min Fondane, Le Mal des fantômes, poèmes.

Voici donc déjà un ensemble de grande qualité et l’on attend avec confiance les volumes annoncés : en janvier, Pierre Michon, L’Empereur d’Occident (paru chez Fata Morgana en 1989), puis des épopées médiévales du Japon, un ouvrage de Patočka  traduit du tchèque sur la philosophie de l’histoire, etc.

©Tristan Hordé

mardi 17 octobre 2006

Une floraison de poches poésie

17_pochesTrès nombreuses parutions concernant la poésie dans le domaine des poches !
Voici, en première présentation avant extraits et plus amples détails dans Poezibao rien moins que huit livres tout frais parus
En Poésie / Gallimard :
Michel Deguy, Donnant Donnant, Poèmes 1960-1980
Ludovic Janvier, La mer à boire, Préface de Chantal Thomas
Les poètes du Tango, édition d’Henri Deluy et Saül Yurkevitch
En Points/Poésie :
e.e. Cummings, 95 poèmes, traduits de l’anglais et présentés par Jacques Demarcq
Stéphane Mallarmé, Pour un Tombeau d’Anatole, introduction et notes de Jean-Pierre Richard
Paul Celan, Renverse du Souffle, traduit de l’allemand et annoté par Jean-Pierre Lefebvre.
Et enfin en Folio
Guillaume Apollinaire, Lettres à Madeleine, édition revue et augmentée, par Laurence Campa
et dans la collection folio biographies, un Baudelaire, par Jean-Baptiste Baronian.

Toutes ces parutions sont importantes à divers titres, ne serait-ce que parce qu’elles mettent à la portée d’un plus grand nombre des textes souvent difficiles à trouver, ou disponibles uniquement dans des éditions chères : on se réjouit de voir Ludovic Janvier entrer dans la collection poésie / Gallimard, mais aussi de voir s’étoffer au fil des mois la récente collection Points Poésie qui ne fait pas du tout double emploi avec la collection de Gallimard en ce sens qu’elle propose sans doute davantage de poésie étrangère, dans un choix que l’on peut qualifier de moins attendu.

lundi 16 octobre 2006

La future édition Reverdy

En complément du dossier Reverdy que Poezibao vient de publier, cette information importante concernant une réédition des œuvres complètes de Reverdy annoncée chez Flammarion. Elle émane de Etienne-Alain Hubert, responsable de cette édition et que j’avais interrogé après avoir mis le dossier en ligne

Pouvez vous me confirmer qu’une nouvelle édition Reverdy est en préparation ?
E.-A. Hubert : Oui, il y a une nouvelle édition de Reverdy en préparation. Les 12 volumes de l’édition précédente (chez Flammarion) étaient, sauf deux,  épuisés depuis de très nombreuses années malgré les efforts réitérés du Comité Pierre Reverdy de la Fondation Maeght, auquel est confiée depuis  la gestion de l’œuvre. Heureusement, les petits volumes de la collection Poésie chez Gallimard suppléaient en partie à cet état de choses, mais les admirables  textes théoriques, les “contes” et  “romans” poétiques étaient inaccessibles au grand public.
Nous nous réjouissons que Flammarion ait  décidé récemment d’une réédition, mais selon une formule entièrement nouvelle (2 gros volumes dans la collection “Mille et une pages”). Ces œuvres complètes intègreront les volumes antérieurement parus chez Flammarion et les deux titres publiés au Mercure, Main d’œuvre et Le Livre de mon bord. Je pense que la publication pourrait intervenir en 2008.
Il s’agira d’une édition enrichie d’inédits. Elle devrait  offrir en annexe des reproductions en fac-similé de certaines éditions originales de 1916 et 1918, qui présentent, outre le texte primitif des recueils,  la  disposition typographique entièrement contrôlée par le poète.

jeudi 21 septembre 2006

Visite à l'Atelier des Grames

20_grames_dun_retraitJe voudrais attirer l’attention sur le très beau travail de l’Atelier des Grames. Je propose de le découvrir au travers de quelques images de leurs livres, espérant que cela donne envie à chacun d’ouvrir le fichier PDF joint pour feuilleter le catalogue de ces éditeurs qui 20_nuit_pose_lpublient des livres singuliers d’auteurs tels que Michaël Glück, Antoine Émaz, Jean-Gabriel Cosculluela, Bernard Vargaftig ou Christian Gabriel(le) Guez-Ricord.

Ci-dessus : l'A bordée de Michaël Glück

A droite, Petite suite froide d'Antoine Emaz
                                       

Ci-dessous,, D'un retrait de Jean-Gabriel 20_grames_petite_suite_froideCosculluela

 

Téléchargement du catalogue de l'Atelier des Grames. pdf (3 mo)

Anik Vinay & Emile-Bernard Souchière
Editions ATELIER DES GRAMES
Quartier des Grames
84190 GIGONDAS
04 90 65 82 05

vendredi 08 septembre 2006

Anthologie permanente : Sylvie Durbec et les éditions Cousu Main

08_durbec_1

Ce choix d’aujourd’hui pour présenter le travail de Sylvie Durbec mais aussi pour attirer l’attention sur la maison d’édition Cousu Main qui propose de très jolis livres, fermés par un ruban, avec des textes courts, souvent associés à des dessins.
Ici c’est un trio qui a composé le livre, textes de Sylvie Durbec et de Lucette Frisa et illustrations de Susanna Lehtinen autour de trois héroïnes antiques, Alceste, Cassandre et Déjanire, mots italiens et français, dessins d’une finlandaise.

CASSANDRE
Tu as écrit : todos los poetas pilotean un Fairchild FC-2W2
et aussitôt je me mets à voler dans la pièce
en grondant
oubliant la gravité le silence la peur les bruits de toute sorte
et les rumeurs de destruction que ta bouche colporte

tu as écrit : vuela el tuyo y desgaja los instantes con las pestanas*
et aussitôt l’orange de mon cœur s’est cassée en deux
comme l’avion sur l’image
brisée
de nos paroles et de nos jeux quand nous étions des enfants
et toi maintenant sur le rempart
tremblant de tous tes membres
tu récites d’anciennes écritures
je vois tes bras papillons noirs que le vent agite
tes mains araignées grises
mais tu continues à parler une langue inconnue de moi

Tu as parlé et j’aime le mystère tout entier de ta voix
Cassandre cachée sous la cendre
et je veux descendre au plus bas
vers toi
folle fille de Troie si tendre

Sylvie Durbec, 3, éditions Cousu Main, 2006

en illustration, un dessin de Susanna Lehtinen et un poème de Lucetta Frisa.

Écrivain et traductrice, Sylvie Durbec est née à Marseille, elle vit et travaille dans le Sud qu’elle n’a jamais quitté. Elle a publié un roman (Un été de reine en Finlande, Fayard, 2000) et de la poésie (Marseille, Éclats et quartier in Po&sie n° 71, Les nuits de Vollezele, Cousu Main, 2005)

Éditions Cousu Main, 85, impasse Albert Einstein, 84200 Carpentras, 04 90 60 57 78

*vers du poète mexicain Karla Olvera :
Que s'envole le tien (ton avion) et que tes instants se découpent en quartiers ( d'orange) en un battement de cil.

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lundi 04 septembre 2006

Un livre d'artiste : Fabio Scotto, Venus Khoury Ghata, Michel Roncerel


04_scotto_roncerel

LES NUAGES, LE VENT
IL NUBI E IL VENTO
poèmes de Fabio Scotto
traduits de l’italien par Vénus Khoury-Ghata
gravures de Michel Roncerel

40 exemplaires numérotés dont 5 hors commerce, tirés sur vélin Reina 250 g
Typographie au plomb mobile.
Format 22 x
23,5 cm, en feuilles. Chaque exemplaire augmenté de 6 eaux-fortes originales est signé par l’auteur et l’artiste.
330 euros

MANIERE NOIRE EDITEUR
35 Av. Montgomery – 27200 VERNON
Tél. 02 32 51 14 00 – [email protected]

Les Nuages, le vent, est un recueil de dix poèmes écrit à Ségaliérette dans les Cévennes l’hiver 2004 en observant la danse des nuages modelés par le vent de ce paysage fondamental. Les pierres mêmes de ce paysage, les lauzes qui en couvrent les maisons, ont fourni la matrice des gravures qui répondent aux poèmes.

 Michel Roncerel, peintre et graveur né en Normandie, a illustré une quarantaine de livres d’artistes avec des poètes tels que  F. Arrabal, M. Butor, B. Noël…. L’ensemble de ces ouvrages a fait l’objet d’une exposition (catalogue L’Empreinte et le miroir) au Carré de Nîmes en 2005.
Il a fondé en 1992 les éditions Manière Noire.

Fabio Scotto dans Poezibao :
note bio-bibliographique
, extrait 1 (présentation de Le corps du Sable), extrait 2, un article de Sylvie Fabre G. sur Fabio Scotto

Venus Khoury-Ghata dans Poezibao :
Note bio-bibliographiqueextrait 1, extrait 2, extrait 3, lecture rencontre avec Vénus Khoury-Ghata (nov 05)

dimanche 03 septembre 2006

La maison d'édition Rhubarbe

Je signale une intéressante interview de Alain Kewes, le créateur de la maison d’édition Rhubarbe, une maison qui se dit dédiée à la littérature sauvage, les textes inclassables et autres curiosités et qui a publié notamment un poème de jeunesse de Michel Host, Poème d’Hiroshima

A découvrir aussi le site des éditions Rhubarbe.

dimanche 11 juin 2006

L'actualité des Editions phi : nouvelles parutions, marché de la poésie et lecture au centre Wallonie-Bruxelles, le 16 juin 2006

Les éditions phi seront présentes au Marché de la Poésie à la Place Saint Sulpice (stand E4) et y proposeront, à côté des nouveautés, toute leur collection de poésie (collection graphiti dirigée par Jean Portante).
A signaler 4 nouvelles parutions pour la semaine prochaine à l'occasion du Marché de la Poésie à Paris et une soirée de lecture à Paris dont ci-joints les détails :

Lire la suite "L'actualité des Editions phi : nouvelles parutions, marché de la poésie et lecture au centre Wallonie-Bruxelles, le 16 juin 2006" »

mardi 04 avril 2006

Marcel Moreau et James Sacré aux éditions Cadex

04_moreauHélène Boinard a repris les rênes de la belle maison d'édition Cadex (comme CADavres EXquis) et après un court temps de latence, marque son arrivée par une double publication. Deux livres singuliers, deux célébrations. Admirablement édités, l'un comme l'autre. Il suffit de songer à ces… (quel nom leur donner si ce n'est celui de produits), graines de best-sellers racoleurs qui encombrent les tables des libraires, pour mesurer toute la différence. Ici petits volumes, formats à la convenance du texte, beaux papiers, vergé et couché satiné (mais quand on découvre que les livres ont été imprimés par Le Temps qu'il fait, tout s'explique !). Luxe inutile ? Non, nécessité, vraie nécessité que l'écrit singulier, l'écrit rare puisse encore bénéficier de ce soin-là (qu'il serait terrible de voir réservé aux seuls livres de bibliophilie aux prix inaccessibles). Dire aussi, et l'on sait à quel point c'est difficile d'y parvenir, la très belle qualité de reproduction des photos en noir et blanc de Jean-David Moreau.

Jean-David Moreau, photographe qui signe en effet avec Marcel Moreau ce Tectonique des Femmes. Où il est question de plans, plans très rapprochés, à la limite de la macrophotographie, images infiniment troublantes parce si on sait ce qu'elles ne représentent pas, on ne sait pas ce qu'elles représentent. Puisqu'elles sont supposées nées d'un réel tangible et non pas d'un fantasme. Support de l'écriture de Marcel Moreau, en une même exploration fascinée d'un mystère. Avec ce paradoxe qu'ici l'image semble moins réelle que les mots qui scrutent les plis, l'anfractuosité : "ce n'est pas tout à fait le sexe / C'est l'entrée d'un pays qui commence par l'abyme".
Les mots et les photos tissent ici leur dialogue en un jeu d'échos dont l'effet, puissant, augmente le trouble et le questionnement. Un regret cependant : que le mystère des photos soit en partie levé.

04_sacrMétaphorique aussi le travail de James Sacré pour scruter la même énigme du sexe féminin. Pas de photos ici mais les images très présentes suscitées par les mots récurrents, tels violoncelle, rose, taureau pour dire l'amour, l'étreinte. Avec un charme un peu suranné, mais ne s'agit-il pas ici de Trois anciens poèmes mis ensemble pour lui redire je t'aime (trois textes parus en 1966, 1970 et 1990) ?
Cadex est donc toujours bien vivant et on souhaite beaucoup de bonheur éditorial à Hélène Boinard.

Marcel Moreau, Jean-David Moreau, Tectonique des Femmes, Cadex Éditions, 2006, 17 €.
James Sacré, Trois anciens poèmes mis ensemble pour lui redire je t'aime, Cadex Éditions, 2006, 11 €

mercredi 22 février 2006

Poésie Gallimard : 40 ans et plus de 400 recueils édités

                                   22_poesie_gallimard_fenetre

Quarante ans de poésie et plus de quatre cents livres publiés, qui peut se targuer d'un tel palmarès, si ce n'est la collection «Poésie/Gallimard». A tel point qu'on se pose la question de savoir s'il existe un équivalent à cette collection dont les livres sont proposés à un prix très abordable, ailleurs dans le monde.

Poésie/Gallimard publie aussi bien les oeuvres des poètes classiques que celles des grands contemporains, avec cette indication importante que pour la plupart des auteurs consacrés, la règle est de donner leurs recueils en version intégrale.
Apollinaire, Cendrars, Breton, Eluard, Aragon, Saint-John Perse, aussi bien que Verlaine, Laforgue, Charles Cros ou Lautréamont sont donc publiés avec toutes les garanties qu'offrent des éditions critiques : c'est exemplairement le cas de Hugo, Baudelaire, Nerval ou Mallarmé.
Le domaine étranger est largement représenté, parfois dans des éditions bilingues, par Rilke, Lorca, Borges, Pasternak, Keats, Milton, Dickinson, Whitman, Pessoa, Trakl, Neruda, Maïakovski, Tsvétaïéva, et la rencontre de Char, Artaud, Jouve, Reverdy, Michaux, Catherine Pozzi, André Frénaud, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, André du Bouchet, Lorand Gaspar ou Bernard Noël avec Charles d'Orléans, Louise Labé, Ronsard, Théophile de Viau, Rimbaud ou Valéry, comme avec la poésie arabe (Adonis, Darwich), bengalie (Tagore), persane (Omar Khayam), turque (Hikmet), suédoise (Tranströmer), italienne (Dante, Stampa, Ungaretti, Luzi), japonaise, chinoise, russe, yiddish, tchèque ou grecque, donne à cette collection l'allure d'un périple dans la poésie universelle. Et d'une vraie encyclopédie en devenir.
Aux anthologies de référence, qui suivent le rythme des siècles, s'ajoutent désormais des ouvrages qui privilégient d'autres approches, soit en célébrant une forme (Soleil du Soleil - le sonnet de Marot à Malherbe -, Haiku - anthologie du poème court japonais, ou Les Poètes du Tango), soit en ressuscitant un lieu (Les Poètes du Chat Noir), soit en renouant avec une aventure fulgurante (Les Poètes du Grand Jeu).

Historique de la collection
Poésie/Gallimard fut la première collection française de grande diffusion à se consacrer exclusivement à la création poétique. Les trois premiers volumes paraissent en mars 1966 :
Paul Éluard Capitale de la douleur suivi de L’amour la poésie ; Frederico Garcia Lorca, Poésies ; Stéphane Mallarmé, Poésies.
La maquette de couverture est une création de Massin ; elle donnera lieu à quelques aménagements au début des années quatre-vingt-dix, offrant plus de liberté dans le traitement graphique de l’illustration.
L’éditeur Robert Carlier et le poète Alain Jouffroy en partagent d’abord la direction – avant que le premier ne l’assume finalement seul. Jusqu’en 1971, seuls des titres d’auteurs du XXe siècle sont édités, principalement du fonds Gallimard :
Les auteurs peuvent prendre part à la composition du volume ; en 1970, Aragon, pour Le Mouvement perpétuel, donne dix pages inédites d’écritures automatiques, tandis qu’Aimé Césaire retravaille profondément son texte des Armes miraculeuses. Avec l’édition de recueils d’Yves Bonnefoy, de Jean Grosjean, de Guillevic, de Philippe Jaccottet, de Georges Schéhadé ou d’Henri Thomas (…), Poésie/Gallimard amplifie l’audience des auteurs contemporains, les révélant à des publics qu’ils n’avaient encore pu toucher par la voie des premières éditions et des revues. L’appareil critique accompagne cette diffusion ; on pense, par exemple, à la présentation en 1971 par Jean Starobinski des Poésies de son compatriote Philippe Jaccottet – ce dernier présentant à son tour, trente ans plus tard, celles du suisse Gustave Roud. Suite à la rupture de relations commerciales entre Gallimard et Hachette en 1971 (et donc de l’interruption de leur collection commune «Le Livre de poche classique»), les auteurs des siècles précédents font leur entrée, de Villon à Lautréamont. Simultanément, le format et le papier de la collection s’alignent sur la nouvelle collection «Folio». Le critique d’art André Fermigier en assume désormais la direction ; il inscrit à son programme de nombreux auteurs contemporains, dont Alain Bosquet, Lorand Gaspar, Édouard Glissant, Michel Butor, Michel Deguy Jacques Réda, Georges Perros, Jacques Roubaud… On lui doit également la publication d’œuvres d’Henri Michaux à titre posthume, le poète s’étant refusé de son vivant à toute publication en poche.
De 1966 à 1991, la collection publiera environ trois titres par an d’auteurs étrangers. Cette orientation est largement confirmée à partir de la fin des années 1980, sous les directions successives de Jean-Loup Champion et du germaniste et philosophe Marc de Launay : Adonis, Octavio Paz, Miguel Ange Asturias, Georg Trakl, Dylan Thomas, Eugenio Montale et de nombreux classiques allemands font leur entrée au catalogue. Outre une attention renouvelée pour les poètes contemporains français et étrangers, André Velter depuis 1998 multiplie les approches singulières, transversales et anthologiques : par genres ou motifs (le sonnet avec Soleil du Soleil, le haïku avec l’Anthologie du poème court japonais), par nationalité ou domaine linguistique (Anthologie de la poésie Yiddish ; Anthologie de la poésie grecque contemporaine ; Anthologie de la poésie tchèque contemporaine) par génération ou groupe de poètes (Les Poètes du Chat noir ; Les Poètes du Grand Jeu) sans oublier les oeuvres inclassables (Henry Levet, Catherine Pozzi, Ghérasim Luca, Jean-Pierre Verheggen, Valère Novarina) ni les rééditions revues et augmentées d’auteurs essentiels (Nerval, Reverdy).

Un nouveau catalogue de la collection sera édité à l'occasion de ce quarantième anniversaire.

Annoncés en mars
Blaise Cendrars,
Du monde entier au cœur du monde, Poésies complètes préface de Paul Morand, Nouvelle édition en un volume de Claude Leroy
Jacques Roubaud,
La forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains
Collectif,
Poètes de la ville, Avant-propos de Jacques Réda

samedi 11 février 2006

Le Temps Volé

Le_temps_vol3_modifiLe Temps volé, bien beau nom pour une maison d'édition, temps volé pour la lecture, temps volé pour la rêverie, temps volé pour le donner, le consacrer à ces livres au format inusuel, textes rares et présentation très soignée. L'éditrice Isabelle Cavalleri fait là un très beau travail autour de deux collections, Pour un jour sans fin, au format 30 x 11 et Les paroles gelées, au format 21,5 x 15. Chaque texte paru fait l'objet d'un tirage bibliophilique à 17 exemplaires sur Arches 160 g (couverture Arches 250 g et papier japon) enrichi de deux œuvres originales, chaque ouvrage étant signé au colophon par l'auteur et par l'artiste. Ces livres sont disponibles dans la limite de 5 exemples sur commande au Temps volé au prix de 150 €. Mais aussi d'un tirage courant sur papier Rivoli nature (couvertures carton Jazz Arches) disponibles en librairie au prix de 12 €. C'est tout à fait intentionnellement que je donne tous ces détails sur l'édition car il est important que de tels éditeurs continuent à travailler cet aspect avec ce goût et ce soin, à l'heure des best-sellers conditionnés comme des paquets de lessive, sans respect ni du texte, ni du lecteur.

Dans la collection Pour un jour sans pain, riche déjà de 11 titres, on note la présence de Zéno Bianu, de Bernard Noël, d'Alain Freixe ou encoreJean-Pierre Chevais et lisant par exemple le beau texte de Zéno Bianu, on comprend la nécessité de ce format tout en hauteur qui met le poème en valeur

                                    chant
                    dans les muscules du chant
                            Thelonius Monk
                    qui rêve d'emplir l'univers
                            d'un flux sonore
                        d'une langue pariétale
                                Tsvétaïeva
                        dont les cheveux brûlent
                lorsqu'elle lit ses premières pièces
                            aux jeunes acteurs
                    du théâtre d'Art de Moscou

Zéno Bianu, Pour une éternité langoureuse, Le Temps volé, 2005, sans pagination.

Isabelle Cavalleri annonce aujourd'hui deux nouvelles parutions :
Michaël Glück, Obstination des heures avec des pastels de Jörg Langhans
Maurice Benhamou, Frôlement d'adieu avec des dessins d'Hélène Durdilly.

Pour se procurer les livres, contacter :
Isabelle Cavalleri, 26 rue de la Fédération, 93 100 Montreuil, 06 60 66 22 18
i.cavalleri@voilà.fr

lundi 30 janvier 2006

Une très bonne nouvelle pour la poésie : la collection Points Poésie

Seuil_prsentationUne très bonne nouvelle pour la poésie ! Une collection de poche de poésie va voir le jour dans la collection Points,
au sein de laquelle Lionel Destremau s'occupe plus particulièrement de la poésie ; elle sera construite autour de trois axes
1. la reprise de titres poésie du fonds Seuil (Senghor, Césaire, Eliot, etc.) avec deux composantes, des œuvres poétiques françaises et étrangères mais aussi des monographies sur des poètes (un titre par an) puisées dans le fonds Écrivains de toujours en particulier.
2. La reprise en poche de titres parus chez différents éditeurs (exemple une anthologie Haïkus venant de Fayard, avec une préface d'Yves Bonnefoy)
3. Des ouvrages composés à partir de diverses sources (par exemple le volume de Bernard Noël, composé pour moitié du Reste du voyage paru chez P.O.L. à l'origine et pour moitié de textes parus dans des petites maisons et devenu introuvables, le tout avec une préface inédite de François Bon).
En 2006, après le lancement de la collection, Points Poésie proposera une dizaine de titres et ensuite, le rythme prévu sera de l'ordre de huit à neuf titre par an.

Seuil_eliot Les cinq premiers ouvrages paraîtront le 9 mars :
Aimé Césaire, Cadactre, suivi de moi, Laminaire
Leopold Sédar Senghor, Œuvre poétique
T.S. Eliot, La Terre vaine et autres poèmes
Bernard Noël, Le Reste du voyage et autres poèmes.
Anthologie de haïkus

Parmi les autres parutions prévues, Rilke, Mallarmé, G.M. Hopkins, Celan, Jean Cayrol, Mohammed Dib, Michel Deguy, Dylan Thomas ou Raymond Carver et trois monographies importantes, celle sur Rilke de Philippe Jaccottet, celle sur Rimbaud d' Yves Bonnefoy et celle sur Lautréamont de Marcellin Pleynet.

Vivement le 9 mars !

jeudi 29 septembre 2005

Editeur : l'Atelier du Hanneton

290905_hanneton_1La plaquette de présentation/catalogue de l’Atelier du Hanneton est déjà une sorte d’invite, presque gourmande. Une sorte de poche en papier épais coloris ocre dans laquelle des feuillets, merveilleusement imprimés, « prennent leur temps et leur place » pour expliquer la démarche de l’éditeur, donner la parole à Jean Gabriel Cosculluela pour parler de l’art typographique, décliner les ouvrages « pour la plupart, imprimés à l’atelier en typographie, sur des papiers de tradition, cousus à la main avec patience et obstination [...] une qualité artisanale comme un contre-pied au "tout-jetable", "vite-bâclé", "déjà périmés". Et comptant sur le bouche à oreille pour la diffusion, challenge relevé ici par Poezibao qui a reçu un beau jour par la poste ce catalogue accompagné d’un ouvrage maison, un opus de Jean-Pierre Gandebeuf, Les Bois d’oublis et de ronces, dans la collection les cahiers-cristal : « imprimé sur les presses typographiques de l’Atelier du Hanneton en mai 2005 alors que les premirèes hirondelles apparaissaient et que l’orge grandissait en prenant un aspect velouté. Il a été tiré 225 exemplaires numérotés de 1 à 225. Tous ont été cousus à la main et enveloppés avec soin dans du papier dit cristal. »

Quelques noms au hasard du catalogue : Alain Borne, Jacques Cosculluela, Jacques Brossard.

290905_cosculluela_sur_typoL’Atelier du Hanneton organise les lectures, veillées littéraires, instants poétiques….. ; il est installé à Charpey (entre Valence et Romans). Il a pour compagnie une Libraire de campagne, « lieu de murmure pour rencontrer de nouvelles écritures, prendre son temps dans un vieux fauteuil de cuir, feuilleter les livres des nombreux "petits" éditeurs présentés » et de l’atelier de poterie de Marie-Pierre Bonnardel.

Les Presles
26300 Charpey
04 75 59 69 54
(il est préférable de donner un coup de téléphone avant de venir).

cliquer sur l'image pour l'agrandir
et lire le texte de Jean-Gabriel
Cosculluela
 

dimanche 18 septembre 2005

Les Editions Cadex ouvrent leur site : une mine !

180905_site_cadexLes éditions Cadex, nées en 1985, ouvrent leur site internet. Catalogue en ligne, présentation de chaque titre (deux cents environ), chaque auteur et chaque illustrateur, actualité et rapide historique de la maison d’édition : tout y est pour se familiariser avec une maison tournée essentiellement vers la poésie ou le texte court.

L’internaute peut donc ici voyager d’une atmosphère l’autre en passant, au gré des livres, d’un texte érotique (Daniel Biga, Jean-Claude Hauc, Marcel Moreau), à une réflexion sur l’art (Christian Prigent, Maurice Benhamou) ou à une rêverie sentimentale. Bon nombre d’écrivains proposent leurs carnets (René Pons, Lionel Bourg, Roger Laporte) qui mettent à nu les voies de la création. L’amateur découvrira les interventions plastiques de quelques grands noms de la peinture (Daniel Dezeuze, Serge Lunal, Jacques Clauzel) et se délectera des tirages de tête.

Mais surtout, le site offre un espace dédié aux professionnels du livre qui pourront commander les titres qu’ils souhaitent directement en ligne. En quelques clics, le libraire fait ses choix et passe sa commande (remise calculée automatiquement). Ce mode de diffusion allie la souplesse, la simplicité et l’économie.

Les particuliers, eux, bénéficieront du partenariat que Cadex a mis en place avec la librairie, LeLibraire.com. pour un paiement en ligne sécurisé et une livraison rapide.

Cadex fête ainsi ses vingt ans d’existence et s’apprête à ouvrir son catalogue au roman et à la nouvelle. Sa lettre de diffusion permettra aux fidèles d’être tenus au courant de toute l’actualité de la maison gardoise.

http://www.cadex-editions.net/

 

jeudi 12 mai 2005

Le livre d'artiste et le dialogue art et littérature

Art Point France a vocation à médiatiser le travail des artistes contemporains, à diffuser leurs oeuvres. J’ai choisi de l’inscrire dans Poezibao en raison d’un important travail avec les éditeurs et les écrivains, poètes notamment, autour du livre d’artiste.


Les collaborations se font avec des artistes, des galeries, des éditeurs et exclusivement à partir d'Internet grâce au site www.arbre-de-lune.fr.
Art Point France a choisi par ailleurs de valoriser le dialogue entre littérature et art plastique, de privilégier dans ce contexte, le livre d'artiste comme espace de rencontre
Le site comprend notamment
- un espace de présentation pour les peintres
- un espace de présentation pour les éditeurs de livres rares
- un agenda des expositions en région


Le dialogue art et littérature se fait via des dossiers thématiques  ainsi que par le biais d'une revue mensuelle "La Feuillée" 
La navigation est facilitée par deux répertoires : celui des auteurs et celui des artistes
FT

lundi 07 février 2005

Portrait d’une éditrice : Françoise Favretto

070205livres_atelier_agneau2_modifi

Elle a tant de cordes à son arc mais aussi tant de « vies » qu’on se demande comment elle trouve le temps d’être là, tranquillement, disponible, entre deux trains, deux correspondances, deux pôles, à vous écouter, à vous raconter, à égrener le fil des occupations, des jours et des passions. Des passions ? D’une passion surtout qui régit toutes les autres, celle de la poésie. « La poésie m’a faite » dit-elle, ajoutant qu’elle est soucieuse de lui rendre un peu de ce qu’elle en a reçu.

Sur cet axe central de la poésie, sa vie oscille sans cesse du nord au sud, avec toutes sortes de voies digressives et tangentes, au fil des marchés et salons de poésie, au fil des libraires à visiter, des auteurs à rencontrer, etc. Pôle belge, autour de Liège, berceau des éditions de l’Atelier de l’Agneau. Pôle girondin, port d’attache de l’enfance et encore aujourd’hui pôle essentiel puisque l’Atelier de l’Agneau a désormais élu domicile près de Bordeaux, au milieu des vignes, à Saint-Quentin-de-Caplong.

070205franoise_favretto8_modifiLa poésie pour boussole
L’Atelier de l’Agneau publie de la poésie bien sûr, mais aussi toutes sortes de textes inclassables, souvent associés à des œuvres picturales, des revues, des anthologies ; l’éditrice a le goût de la poésie expérimentale et sonore, un œil fixé sur les avatars modernes du surréalisme ; elle fabrique à l’occasion des livres-objets, prend des photos, écrit elle-même, « des textes sur les jardins » actuellement, anime des revues, fait des lectures.
Françoise Favretto n’a jamais dévié au fond de sa ligne de départ, les études de lettres, un mémoire sur la critique de poésie des années 70 à 75, l’ébauche d’une thèse sur les mouvements de la poésie contemporaine.
Elle a connu l’Atelier de l’Agneau vers 1979 en faisant des critiques de livres pour une de revues de la maison. Cette structure éditoriale avait commencé par regrouper de façon informelle des graphistes et des écrivains, avant de naître juridiquement parlant en 1973, sous l’impulsion de Jacques Izoard et d’Eugène Savitzkaya. Au début l’Atelier publiait surtout des livres de bibliophilie et des tirages de tête. Pour en venir progressivement ensuite à l’édition courante de livres et de plaquettes. Parmi les hauts faits de l’Agneau, il faut citer la revue 25 créée par Robert Varlez en 79 et qui a publié 152 numéros jusqu’en 1992 mais aussi une belle Anthologie 80, riche de 580 pages, coéditée avec le Castor Astral. Et qui aujourd’hui encore est reconnue pour la perspicacité de ses choix.

070205franoise_favretto9_modifiPublications et projets
Françoise Favretto suit avec attention tout le mouvement de la poésie expérimentale et sonore et vient de publier un recueil collectif titré Architextes 2 qui regroupe près de 30 poètes, « archi » devant être entendu surtout dans le sens « excès ».
Ce sont en effet deux pôles là encore qui aimantent l’essentiel des dix parutions annuelles de la maison. Le courant post-surréaliste d’une part autour de ce que l’éditrice appelle la poésie de l’image et les expérimentaux d’autre part. Sans parler de nombreux écrivains qui n’entrent dans aucune de ces catégories et sachant que Françoise Favretto est très attentive aux jeunes poètes. Elle leur donne souvent la parole via des revues et en particulier Chroniques errantes et critiques.
Mais depuis peu, elle tente aussi l’aventure de la traduction, avec la collection Transfert. Et une ouverture vers l’Est de l’Europe, en commençant par l’Autriche et la Croatie. Autriche avec l’œuvre d’une très grand dame, quasiment inconnue puisque non traduite à ce jour en France alors même qu’elle a figuré sur la liste des nobélisables, Friederike Mayröcker dont L’Atelier de l’Agneau vient de publier un recueil poétique, Métaux voisins, dans une traduction de Jean-René Lassalle et dont est en cours la traduction d’un roman. A été publié aussi Angle Nord livre de l’écrivain croate Pejakovic.
Côté diffusion, elle fait part des mêmes problèmes que tous les petits éditeurs. Elle s’en charge en partie par sa présence dans de nombreux salons ; elle utilise les services d’un comptoir de ventes, pour Paris. Mais elle a aussi imaginé et mis en place un service d’abonnement proposant l’intégralité des parutions d’une année.

070205franoise_favretto4_1Poezibao ne pouvait que rendre hommage à cette éditrice à la fois si vivante et si cohérente dans sa ligne, si généreuse dans son approche. La poésie en tête et dans le cœur, elle publie, invente, met en forme, découvre, défriche. Je conclurai par une belle et saine remarque de Françoise Favretto confiée au journal Lettres d’Aquitaine : « il faudrait trouver un autre nom peut être qu’éditeur pour définir ce travail [que nous sommes] quelques-uns à faire avec modestie, parce que nommer les choses, c’est très important. Après tout ce sont peut-être les Hachette et compagnie qu’il faudrait débaptiser. Publisher, ça leur irait bien »
©florence trocmé, février 2005

Précisions
Quelques auteurs publiés par l’Atelier de l’Agneau :
Matthieu Messagier, Jean-Luc Parent, Pierre Dhainaut, James Sacré, Yves di Manno, Pierre Peuchmaurd, Eugène Savitzkaya, Françoise Thieck, Laurent Albarracin, Anne-Marie Beeckman, Jacques Izoard, Jean Esponde, etc.

Atelier de l’Agneau, Le Vigneronnage, 33220 Saint-Quentin-de-Caplong, fax : 05 57 41 28 57.
site Internet
e-mail : [email protected]
Françoise Favretto publie un bulletin électronique littéraire Infonet, envoi gratuit par mail sur simple demande.

mercredi 19 janvier 2005

Soutenir Jean Michel Place, 2

Comme annoncé hier dans ce Poezibao, l’éditeur Jean-Michel Place est en situation de redressement judiciaire. Il présente un plan au Tribunal de Commerce le 24 janvier prochain pour sortir de cette situation et reprendre sa maison en main, en toute indépendance...

Or le groupe anglais Reed Exhibitions fait aussi une proposition de son côté : ils ne sont pas éditeurs, mais souhaitent s'emparer des deux seules revues d'architecture encore françaises (L'Architecture d'aujourd'hui et Techniques & Architecture) pour en faire un produit purement commercial, et en ignorant totalement tout ce que constitue le fonds éditorial des éditions Jean-Michel Place : les rééditions des grandes revues d'avant-garde du début du siècle, du surréalisme, de la littérature, de la poésie, de l'ethnologie, des beaux-arts, de l'architecture, des revues, la musicologie, etc.

Enfin on connaît le travail de Jean-Michel Place pour défendre « la petite édition » (n'oublions pas qu'il est aussi le créateur du Marché de la Poésie).

Pour soutenir Jean-Michel Place dans son action pour défendre son projet face à Reed, il  suffit d'écrire, dans les plus brefs délais, au Ministre de la Culture :
soit par mail :
[email protected]
soit par courrier à : 
Monsieur le Ministre de la Culture
3 rue de Valois
75001 Paris

Merci d'adresser une copie de votre mail à
[email protected]
ou de lui envoyer une copie de courrier à
Jean-Michel Place
3 rue Lhomond
75005 Paris

mardi 18 janvier 2005

Au secours de Jean-Michel Place

J'ai suffisamment souvent souligné ici et sur zazieweb.fr tout le bien que je pensais de la collection anthologique de poésie de Jean-Michel Place, pour ne pas me faire immédiatement le relais de cet appel transmis par Zéno Bianu.

__________________________________________
Grand péril pour les éditions Jean-Michel Place

Oui grand péril pour les éditions Jean-Michel Place
Lundi prochain, le tribunal de commerce peut préférer les millions d'une grosse entreprise étrangère qui souhaite racheter les éditions pour ensuite ne garder QUE les revues d'architecture, mettant 25 personnes au chômage, et détruisant d'un trait 30 ans de vie au service d'éditions dont nous avons tous bénéficié à un moment ou à autre de notre vie  .
Jean-Michel est actuellement dans une situation saine ; après une année 2004 très positive, il propose un plan de redressement rapide. Il peut même proposer et mettre sur la table une somme importante, mais sans commune mesure avec la proposition "étrangère".
Le tribunal reconnaît le sérieux du plan de JMP, mais évidemment voit aussi la demesure de la somme proposée par le "repreneur".
Si vous vous sentez solidaire  d'un travail courageux, intelligent, libre etc. qui "tient" depuis plus de 30 ans, si vous souhaitez soutenir JMP, merci de le dire de toute urgence à
Monsieur Donnedieu de Vabres
ministre  de la Culture et de la communication
FAX  01 42 61 35 77
[email protected]
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Arlette Albert-Birot

 

samedi 15 janvier 2005

Cid Corman et Zéno Bianu

C’est promis, il sera fait un usage très modéré de l’anglais sur ce site ! Mais je trouve intéressante l’initiative de l'éditeur américain Longhouse et je voulais la faire partager aux lecteurs français. Chaque mois, l’éditeur diffuse sur le net une œuvre d’un des poètes qu’il édite. Parallèlement il propose un tout petit tirage, à cinquante exemplaires et à très bon marché, de cette même œuvre.

Intérêt supplémentaire pour nous aujourd’hui : les deux poètes en présence ont déjà été cités dans l’almanach et davantage même pour Zéno Bianu, dont je suis le travail éditorial et poétique avec le plus grand intérêt.

Zéno Bianu, interrogé sur une traduction du titre, m’écrit :
« Le titre en francais serait Zéno Bianu tire le Yi king (comme on tire les cartes...). Cela renvoie au Traité des possibles (Fata Morgana, 1998), soit ma version poétique du Yi king dont Cid Corman (merveilleux poète américain post-beat generation) a traduit quelques tercets. »
Il me précise par ailleurs qu’il ne connaît pas le sens du mot woodburners. Si un lecteur anglophone veut bien nous aider à éclaircir ce point, merci !

Voici donc le communiqué de la maison Longhouse :

Cid Corman
Zeno BIanu’s takes on the chinese ( I Ching) book of changes
Fine folded booklet with wrap around band.
Limited edition. $7.50
Longhouse, december 2004.

lire quelques extraits

As an act of goodwill and for poetry - Longhouse is sending out each month complete publications - online - of one poet we have published in booklet form for everyone to share. It's a way of giving back to many of you who have sent to us poems, letters, purchases and the same goodwill over the years. The series will fly in under the banner of our Woodburners We Recommend. It should also be felt as a certain warmth in memory of our close friend and long time working companion Cid Corman. Each monthly booklet will also be available for purchase from Longhouse. Issued in a very limited keepsake edition of 50 copies. For those readers that travel back as far as 1972 when Longhouse began, you know poetry was released like bandits by the day, by the week, by the month, and always free. We have never taken on grants and meant poetry to be seen & heard & on poetry terms. For the year 2004, and within the universal cyber cosmos, we would like to share a dozen poets with you....and only ask that you share them further.

Cid Corman was born in Roxbury, Massachusetts in 1924 and died in Kyoto, Japan on March 12, 2004. As editor of Origin Press for nearly 50 years, Cid has published - if not debuted - some of the seminal poets of the 20th century: Olson, Creeley, Eigner, Bronk, Enslin, Niedecker, Zukofsky, Snyder...and as translator of poets from Japan, Italy, France, etc., which continues to this day. His treatment of Basho's poetry should be used in every school everywhere (our humble opinion). Cid was the author of over 100 books and myriad scarce publications . "Home" for Cid is with the hearts of countless poets - established or unknown - by correspondence around the world. His letters were postmarked "Kyoto, Japan."

Longhouse, Publishers & Booksellers, was established in 1971 by the poet and editor, Bob Arnold. Joined by Susan in 1974, we have published hundreds of folders, chapbooks, broadsides, anthologies and small edition books by mimeograph, letterpress, photocopy and off-set. Poets represented include Bob Arnold, Franco Beltrametti, Hayden Carruth, Michael Casey, Cid Corman, Robert Creeley, Bill Deemer,Theodore Enslin, Ian Hamilton Finlay, Lyle Glazier, Marie Harris, Jonathan Greene, James Koller. Alan Chong Lau, Tim McNulty, Peter Money, Barbara Moraff, Lorine Niedecker, Mike O'Connor, Andrew Schelling, Janine Pommy Vega, Anne Waldman and others.

©Florence Trocmé

samedi 25 décembre 2004

Melville, Veinstein, Scheer

Lire la terrible lettre ouverte à Léo Scheer dans laquelle Alain Veinstein raconte comment il se trouve aujourd’hui évincé de sa maison d’édition Melville.

mardi 14 décembre 2004

Éditeur : Paupières de terre

Claire_daurlie
DR Florence Trocmé

La lecture aux Parvis Poétiques (voir au 13 décembre 2004) a été aussi l’occasion de rencontrer à nouveau l’éditrice Claire d’Aurélie (Paupières de terre) qui a publié notamment Mireille Fargier-Caruso. Elle est aussi pour moi l’occasion de saluer une nouvelle fois son travail obstiné en faveur de la poésie dont elle aime à dire qu’elle doit « voyager ». Deux idées à retenir : les cartes postales-textes (Mireille Fargier-Caruso, Jacques Roman…) ou des tirés à part lui permettant d’éditer ou de ré-éditer des textes souvent très courts (quelques feuillets à peine). Ici par exemple Je demanderai un paysage de Jacques Roman ou de l’horizon de Mireille Fargier-Caruso.

Livres_paupires_de_terre

Paupières de terre, éditeur, 21 rue Louis Rolland, 9212 Montrouge.